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Des objets du Titanic vendus aux enchères ? Pourquoi ils s’y opposent toujours, après des mois de bataille judiciaire

Ouest-France ·
Des objets du Titanic vendus aux enchères ? Pourquoi ils s’y opposent toujours, après des mois de bataille judiciaire

Des objets remontés de l’épave du Titanic vendus aux enchères ? L’affaire irrite de part et d’autre de l’océan Atlantique. Après avoir auditionné toutes les parties à Norfolk (Virginie), ce jeudi 13 août 2026, une juge américaine doit maintenant trancher la question.

En mars 2026, la société RMS Titanic, propriétaire de 5 500 objets retrouvés, entre 1987 et 2004, à bord du célèbre paquebot gisant à 3 800 m de profondeur, dépose une requête auprès du tribunal pour vendre une centaine de ces objets. Déjà, en 2016, la justice américaine avait empêché le projet d’aboutir. RMS Titanic y retourne dix ans plus tard. Et là encore, on assiste à une levée générale de boucliers. Historiens, scientifiques, politiques et personnalités du monde maritime s’insurgent de cette décision.

« C’est une bataille entre le devoir de mémoire et la volonté de gagner de l’argent, déplore Frédéric Moncany de Saint-Aignan, défenseur du patrimoine maritime. Ces objets ont été confiés à cette société contre l’engagement de ne pas les disperser. Cette vente serait une rupture du devoir de conservation du patrimoine. »

Lire aussi : Vente aux enchères d’objets du Titanic : le gouvernement américain et la Cité de la Mer de Cherbourg s’y opposent

C’est que la valeur de ces objets est colossale. Pour vous donner un ordre d’idée, en novembre 2025, une montre à gousset en or, ayant appartenu à un naufragé du Titanic, a été vendue environ 2 millions d’euros au Royaume-Uni. Quelques mois plus tard, c’est un gilet de sauvetage porté par une survivante qui a été vendue aux enchères pour plus de 750 000 € . Imaginez donc le prix des bijoux, des couverts et du chérubin en bronze qui ornait l’escalier principal du paquebot que RMS Titanic aimerait mettre en vente.

Lors des auditions, les avocats de la société RMS Titanic ont fait valoir des arguments juridiques. Ces objets appartiennent à la collection française (issue des travaux conduits par l’Ifremer et conservée initialement par les laboratoires d’EDF). Ils ne sont donc pas soumis aux mêmes conditions que la grande majorité de la collection « constituée lors d’expéditions menées après que le tribunal fédéral de Norfolk lui a accordé les droits exclusifs de récupération de l’épave » , rapporte le Washington Post.

Lire aussi : Une quarantaine de nouveaux objets retrouvés dans l’épave du Titanic, exposée à la Cité de la mer

L’ambassade de France a pourtant rappelé dans une note lue lors de l’audition, qu’en 1993, le prédécesseur de RMS Titanic s’était engagé à utiliser les objets uniquement « à des fins culturelles et [ils] ne feront donc partie d’aucune opération susceptible d’entraîner leur dispersion, à l’exception des fins d’exposition, et aucun des objets ne sera vendu » .

Si la juge n’a pas encore rendu sa décision, elle a entendu avec attention les arguments de la défense hexagonale. « Elle s’est beaucoup attardée sur la position française et sur la lettre qui avait été envoyée. Elle l’a qualifiée de ’’très bonne lettre” » , précise une source présente dans la salle d’audience.

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