Des actionnaires voulaient les accès Slack, Stripe et Google Workspace de leur entreprise, mais la justice a refusé
En plein conflit, des actionnaires voulaient obtenir les accès numériques de leur entreprise par voie de justice. Qui doit garder la main sur Slack, Stripe ou Google Workspace dans ce cas ? Le tribunal de commerce de Bordeaux a tranché.
Une société bordelaise en délicatesse avec certains de ses actionnaires, Everest Infinity Group, était au cœur d'une audience de référé le 21 juillet dernier devant le tribunal de commerce de Bordeaux. L'administrateur judiciaire nommé début juin réclamait l'élargissement de sa mission, tandis que des actionnaires majoritaires exigeaient la restitution de dizaines d'accès numériques majeurs de l'entreprise, comme Slack, Stripe, Google Workspace ou Shopify. S'il a autorisé l'élargissement des pouvoirs de l'administrateur judiciaire chargé de la SAS, le tribunal a, le 4 août, comme l'a appris Clubic , en revanche refusé d'ordonner la transmission des accès numériques de l'entreprise réclamée par les actionnaires majoritaires.
L'affaire a commencé le 2 juin 2026. Ce jour-là, le tribunal de commerce de Bordeaux nomme la SELARL FHBX en qualité de mandataire ad hoc et d'administrateur provisoire d'Everest Infinity Group, une société de gestion de fonds et une holding active principalement dans les secteurs du sport, de l'événementiel, de la formation et de la communication. À l'époque, FHBX a pour mission de convoquer rapidement une assemblée générale extraordinaire des actionnaires et administrer la société en attendant que ceux-ci tranchent sur le sort de son président. Un classique du genre lorsque la confiance entre associés vole en éclats. C'est finalement le président du tribunal qui signera l'épilogue de cette affaire, le 4 août. Mais voyons quel a été le cheminement.
Un peu plus d'un mois plus tard, le 10 juillet, l'administrateur judiciaire assigne trois sociétés devant le même tribunal. Il entend faire préciser noir sur blanc que l'assemblée générale à venir pourra non seulement voter la révocation du président, mais aussi désigner son successeur, et plus largement adopter toute résolution jugée utile à la bonne marche de l'entreprise. Sans ce complément, l'ordre du jour aurait pu rester bloqué à la seule question du départ, ce qui aurait laissé la société sans capitaine.
Deux de ces sociétés, actionnaires majoritaires d'Everest Infinity Group, soutiennent la demande sans réserve. La troisième, en revanche, conteste tout, car elle estime qu'aucune circonstance nouvelle ne justifie d'élargir la mission de l'administrateur, et que l'ordonnance initiale suffisait. Elle réclame même, au nom du dirigeant qu'elle défend, 10 000 euros de frais de justice sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile. Détail amusant, les trois camps s'appuient sur le même texte, l'article 872 du même code, qui n'autorise le juge des référés à trancher qu'en l'absence de « contestation sérieuse ». On se dirige donc vers une audience à trois voix, où, vous allez le voir, les alliances et les oppositions ne suivent pas tout à fait les mêmes lignes.
Il n'est pas uniquement question de la gouvernance de l'entreprise.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.clubic.com — le contenu appartient à Clubic.