Isipca : comment l’école des nez cultive sa réputation à l’international
"A quoi reconnaît-on les étudiants de l’Isipca ? Ils ont pour habitude d’arpenter les locaux des mouillettes à la main, ces fameuses bandelettes de papier absorbant utilisées pour sentir un parfum ", décrit Natalie Berkman, directrice des opérations académiques et de la recherche de cette école spécialisée dans les métiers du parfum, de la cosmétique et des arômes.
Pourtant, en ce 24 juin, les couloirs de ce campus de 3 800 mètres carrés, niché dans un quartier résidentiel de Versailles , sont inhabituellement silencieux.
Les cours de la " summer school " ont été annulés en raison de la canicule qui s’est abattue sur la France.
"Cette période estivale est d'ordinaire consacrée à l’accueil de participants internationaux venus suivre des formations courtes sur des thématiques spécialisées", explique Natalie Berkman en entrant dans l’un des quatorze laboratoires.
Ici la climatisation est exclue car elle risquerait d'altérer les essences, mais un système de ventilation a été pensé pour diluer les odeurs.
Sur les étagères, des centaines de flacons de jasmin, de violette, de basilic ou de gingembre, sont soigneusement alignés aux côtés des balances disposées sur les paillasses.
"Les étudiants de niveau master doivent savoir reconnaître entre 400 et 500 matières premières à la fin de leur parcours", explique Natalie Berkman.
Cette diplômée de l’Université de Princeton a rejoint l’Isipca il y a un an.
Pour le directeur général Nicolas Salado, le recrutement d’une Américaine au sein du comité de direction est un "symbole fort".
"Notre équipe est très cosmopolite : elle compte notamment une ingénieure de laboratoire libanaise, une responsable de programme portugaise et nous nous apprêtons à accueillir une assistante pédagogique américano-cambodgienne", souligne-t-il.
Rayonner au-delà des frontières Fondé au début des années 1970 par Jean-Jacques Guerlain sous le nom d'Institut supérieur international du parfum, l’établissement a très tôt affiché son ambition de rayonner au-delà des frontières françaises.
Aujourd’hui, un tiers de ses 580 élèves sont internationaux et le campus rassemble 35 nationalités, Américains, Indiens et Coréens en tête.
Margherita Carini, elle, est italienne.
Cette fine fragrance perfumer, spécialisée dans la création de parfums destinés à être portés sur la peau, a suivi entre 2015 et 2017 le master European Fragrance and Cosmetics , une formation dispensée en anglais, en partenariat avec l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et celle de Padoue, en Italie.
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