"Un Vladimir Poutine acculé n’appuiera pas sur le bouton nucléaire" : la théorie d’Andreas Umland qui bouscule le débat
Vladimir Poutine, acculé et sur le point de perdre sa guerre expansionniste, appuyant sur le bouton rouge.
C’est sans doute le scénario le plus redouté par les experts (à commencer par le chef de file des réalistes John Mearsheimer ou le professeur à Harvard Stephen Walt ) depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Mais pas par Andreas Umland, chercheur associé à l’European Policy Institute de Kiev (EPIK) et analyste au Centre d’études sur l’Europe orientale de Stockholm de l’Institut suédois des affaires internationales (UI).
Au contraire, le politologue allemand va même jusqu’à juger ces craintes contre-productives, tant celles-ci poussent l’Occident à faire preuve d’une "prudence irrationnelle".
De façon surprenante, Andreas Umland estime que le seul scénario où le président russe envisagerait d’emprunter la voie du nucléaire serait celui où il flairerait… la victoire.
Entretien.
L’Express : Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux observateurs s’inquiètent que Vladimir Poutine ne finisse par déclencher une escalade nucléaire.
Vous jugez ces préoccupations contre-productives, comme vous l’avez exposé dans vos récents articles sur les sites du magazine Foreign Policy et de l’European Policy Institute de Kiev (EPIK) .
Andreas Umland : Absolument.
L’aide à l’Ukraine a été fortement affectée par les craintes occidentales suscitées par les menaces régulières de Vladimir Poutine et de son entourage d’appuyer sur le bouton rouge.
Un indicateur montrant que tel est précisément l’objectif du président russe est que cette rhétorique a souvent atteint son paroxysme lorsque les débats sur l’envoi d’armes à l’Ukraine étaient les plus intenses.
En conséquence, l’aide promise par les pays occidentaux en soutien à Kiev a souvent été retardée et partielle - ou assortie de restrictions quant à son utilisation - en raison de la croyance dans le sérieux de ces menaces.
L’Allemagne, par exemple, n’a toujours pas livré les missiles de croisière Taurus que l’Ukraine a réclamés à plusieurs reprises, avant tout parce que l’opinion publique allemande, qui craint que cela ne déclenche une guerre nucléaire avec la Russie, s’y oppose.
L’Ukraine est donc directement affectée par sa prudence irrationnelle.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.