ÉDITORIAL. La bataille du ciel ukrainien
Ce dimanche, réfugiés pour beaucoup dans des abris, les Ukrainiens célébreront les 35 ans de leur indépendance. Avec l’amertume d’une population massivement agressée par Moscou depuis plus de quatre ans. Avec aussi la détermination d’un peuple qui sait le prix, individuellement et collectivement, de ce choix d’indépendance.
Entre 1991 et aujourd’hui, le pays a traversé deux révolutions (2004, 2013) et deux guerres (2014, 2022) pour défendre sa liberté. N’en déplaise aux avocats de la propagande du Kremlin, toujours prompts à polluer nos débats, la constance de cet engagement ne souffre d’aucun doute. La nation ukrainienne existe bel et bien et n’est pas un faubourg de l’empire russe. Le redire est essentiel car, au fond, c’est l’une des raisons existentielles pour lesquelles la population ukrainienne résiste encore après tant de souffrances.
Le redire aujourd’hui est crucial pour une autre raison. Depuis quelques mois, on assiste à une nouvelle escalade dans le conflit. Non pas sur la ligne de front, globalement stable, mais dans les villes. L’armée ukrainienne, en frappant avec ses drones les infrastructures énergétiques russes jusqu’à Moscou , a déchiré le voile de mensonges que Vladimir Poutine espérait imposer à sa population. La Russie est en guerre et les Russes le savent. En retour, l’armée russe bombarde de plus en plus délibérément les civils ukrainiens . En ce mois de juillet 2026, le nombre de morts civils a été le plus élevé depuis mai 2022.
Pour une raison simple : le bouclier anti missiles n’est plus suffisant dans le ciel ukrainien. Les stocks américains du fameux Patriot commencent à s’épuiser. En raison de l’autre conflit en cours, celui que mènent les États-Unis face à l’Iran. Et au moment où tous les pays sont soucieux de renforcer leurs propres systèmes de défense anti-aérienne.
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Il y a urgence. Pour les civils ukrainiens. Mais aussi pour contenir l’assaut russe. Car il serait illusoire de penser que ce conflit ne nous concerne pas. La Russie et l’Ukraine sont respectivement les premier et cinquième plus grands exportateurs de blé au monde. Les bombardements des ports sont en train de faire peser sur le marché mondial du blé une menace majeure. Comparable à ce que le détroit d’Ormuz représente pour le marché mondial du gaz et du pétrole.
Depuis quatre ans, les Européens ont mobilisé au total 220,2 milliards d’euros d’aide humanitaire, financière et militaire en faveur de l’Ukraine et de sa population. Au nom de beaux principes. Au nom surtout de notre propre sécurité. Les Ukrainiens le disent eux-mêmes depuis février 2022 : Nous nous battons pour notre pays mais aussi pour l’Europe. Cela pouvait sembler, à certains, pure rhétorique. Les menaces croissantes que Moscou fait actuellement peser sur la sécurité européenne montrent qu’ils étaient surtout lucides sur les intentions de Vladimir Poutine. C’est notre sécurité aussi qui est en jeu dans le ciel de Kiev.
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