C'est "une vraie convergence franco-allemande" selon Emmanuel Macron: l'UE prépare des mesures pour se défendre "rapidement" en cas de conflit commercial
"Nous allons développer un nouvel outil qui permettra d'agir rapidement et efficacement, dans l'intérêt de l'UE, en fermant l'accès au marché unique européen", a expliqué ce vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. L'UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer "rapidement et efficacement" l'accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers , a confirmé vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Bruxelles s'inspire ainsi d'une proposition conjointe de la France et de l'Allemagne, qui vise à renforcer l'arsenal de défense de l'UE, en cas de conflit commercial avec la Chine ou un autre pays.
"En s'appuyant sur cette proposition franco-allemande , nous allons développer un nouvel outil qui permettra d'agir rapidement et efficacement, dans l'intérêt de l'UE, en fermant l'accès au marché unique européen", a déclaré lors d'une conférence de presse la présidente de l'exécutif européen, à l'issue d'un sommet des 27 à Bruxelles.
En outre, cette nouvelle mesure n'empêchera pas l'UE d'utiliser "autant que nécessaire" ses autres instruments de défense commerciale, a-t-elle prévenu.
Le président Emmanuel Macron a salué une "vraie convergence franco-allemande qui a permis d'acter des avancées très concrètes, et un changement de cette politique commerciale (...) face à cette concurrence déloyale".
Selon lui, la nouvelle orientation de l'UE traduit "une politique commerciale beaucoup plus pragmatique et qui accepte de protéger (...) ses secteurs, ses acteurs économiques face à la concurrence déloyale" de la Chine et d'autres pays. Le chancelier allemand Friedrich Merz s'est quant à lui félicité que la mesure ait reçu un soutien "unanime et inconditionnel" des 27.
De son côté, Pékin a réitéré vendredi son appel à ce que l'UE "s'abstienne d'instaurer des mesures protectionnistes ou discriminatoires" à l'encontre des entreprises chinoises, selon une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Le dispositif franco-allemand permettrait à Bruxelles d'agir en quelques jours pour interdire les importations en provenance pays se livrant à une guerre commerciale à avec l'UE, à moins que les 27 Etats membres ne décident de s'y opposer à la majorité qualifiée.
Il a été proposé sur fond de tensions grandissantes entre Bruxelles et Pékin, alors que le déficit commercial de l'UE avec la Chine a explosé, atteignant depuis l'an dernier autour d'un milliard d'euros par jour. Les Européens l'imputent en grande partie à des pratiques déloyales de la Chine, avec des surcapacités industrielles alimentées par d'importantes subventions, ce qui met en péril des secteurs industriels entiers en Europe (automobile, chimie...). Pékin a accepté de limiter à 350.000 le nombre de véhicules hybrides qu'elle exporte vers l'UE chaque année, dans le cadre d'un accord conclu entre Pékin et Bruxelles pour tenter de résoudre à l'amiable la crise commerciale sino-européenne.
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