"Notre espèce va disparaître de la planète" : les sombres projections du démographe Paul Morland
Le démographe Paul Morland est l’auteur de plusieurs essais qui montrent comment la démographie a façonné notre monde moderne ( The Human Hide , PublicAffairs), examinent le futur de l’humanité ( Tomorrow’s People , Pan Macmillan) et avertissent sur la dépopulation ( No One Left , Swift Press).
Alors que L’Express consacre un numéro double au monde de 2050 vu sous le prisme de la démographie , le Britannique nous explique pourquoi la chute des naissances est un fait majeur, avec des conséquences vertigineuses sur le plan politique et économique.
Il évoque aussi l’avenir d’Israël, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine , l'exception historique française et la pacification du monde, qui sera selon lui une maigre compensation du fait de devenir une "maison de retraite mondiale"… L’Express : "La démographie, c’est le destin", disait Auguste Comte.
Vos livres montrent que cette affirmation est bien sûr exagérée, mais confirment que la démographie est une force puissante qui façonne notre avenir… Paul Morland : Affirmer que la démographie serait une fatalité est évidemment trop simpliste.
Si en 1925, j’avais connu toutes les données démographiques sur le monde de cette époque, aurais-je pu prévoir la Seconde Guerre mondiale ? Bien sûr que non.
Mais quand on se retourne vers le passé, on constate que les gens ont souvent sous-estimé la démographie en tant que facteur déterminant.
On ne pourra jamais prédire l’avenir à 100 %.
Mais la démographie crée un contexte dans lequel on peut réfléchir à notre futur, que soit au niveau politique, économique ou géopolitique.
Il est donc stupide de dire que toute l’Histoire serait déterminée par la démographie.
Mais il serait tout aussi idiot d’affirmer qu’elle n’a joué aucun rôle.
Du fait de taux de fécondité en berne et d’un solde migratoire négatif, l’Europe de l’Est commence déjà à craindre pour sa disparition.
Dans votre livre Tomorrow’s People , vous soulignez qu’un pays comme la Bulgarie a connu son pic démographique dès la fin des années 1980, passant d’une population de 9 millions à moins de 7 millions aujourd’hui.
A la fin du siècle, celle-ci pourrait être inférieure à 4 millions… En Europe de l’Est, la natalité est faible depuis longtemps.
En fonction des pays, les taux de fécondité actuels ne sont pas si inférieurs que ça par rapport à ceux de l’Europe occidentale, mais ces Etats ont accumulé les problèmes depuis des décennies.
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