Atteinte de la maladie de Parkinson une habitante de Concarneau espère arrêter sa vie "plutôt que de continuer comme ça"
Publié le samedi 15 août 2026 à 7h31 Mis à jour le samedi 15 août 2026 à 15h00
Alors que la loi sur "l'aide à mourir" a été validée par le Conseil constitutionnel, ce vendredi 14 août, Geneviève Beucher, une Concarnoise atteinte de la maladie de Parkinson, souhaite pouvoir mettre fin à ses jours en France. Elle milite de longue date pour une loi la plus libre possible.
Très élégante, dans son chemisier coloré, le regard lumineux derrière ses lunettes rondes, Geneviève Beucher s'assoit avec difficulté devant la table de sa terrasse, ce mercredi 29 juillet 2026. Cette Concarnoise de 76 ans a été diagnostiquée en 2017 de la maladie de Parkinson . Elle voit les symptômes qui lui pourrissent la vie empirer d'année en année.
" En fait, la maladie de Parkinson, ça vous emprisonne, explique-t-elle. Donc il faut lutter, il faut bouger malgré la douleur. Cette maladie, on n'en meurt pas, mais on finit dans de très mauvaises conditions. J'ai des difficultés pour marcher, pour manger parce que j'ai des problèmes de déglutition, j'ai des moments de fatigue extrême. Je consacre presque l'essentiel de la journée à me soigner, ou plutôt à pallier ma maladie parce que c'est incurable. Ce n'est pas une souffrance énorme, ce n'est pas du 8 sur 10, c'est du 3 sur 10, mais c'est permanent. "
Sans compter les tremblements qu'elle commence à voir arriver. Elle soulève légèrement sa main pour en témoigner. Un nouveau symptôme qui n'annonce rien de bon. " Maintenant, je sais que je vais devoir recourir à un fauteuil roulant, ça me fait très peur. Il faudrait que je mette une pompe, un appareil que l'on porte sur soi et qui injecte les médicaments, mais pour moi, ce n'est pas acceptable, je ne veux pas. Je préfère arrêter ma vie plutôt que de continuer comme ça ."
Il y a un an et demi, elle a entamé un pré-dossier en Belgique pour arrêter sa vie , avant de finalement renoncer, pour des questions de coûts. " Il faut y aller une ou deux fois avant, rencontrer un psychiatre, etc. Ce sont des contraintes et ça coûte cher. Ça peut monter à 10.000 ou 15.000 euros. Encore faut-il les avoir. "
Il est plus égalitaire de pouvoir décider de sa fin de vie en France, estime-t-elle. Elle a milité pendant quelques années pour que la loi passe, au sein de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD). " J'ai écrit aux députés, aux sénateurs, je fais des petites choses à mon petit niveau ", sourit-elle. Elle sort une lettre ouverte qu'elle a voulu adresser à Bruno Retailleau , quand il était encore ministre de l'Intérieur (2024-2025). " On ne peut pas nous imposer à continuer à vivre si on ne veut pas ", insiste-t-elle.
Avec la nouvelle loi votée en dernière lecture le 15 juillet dernier à l'Assemblée nationale, et validée par le Conseil constitutionnel avec quelques réserves d'interprétation, ce vendredi 14 août, elle envisage de pouvoir partir d'ici les deux prochaines années . " J'ai une famille qui me soutient. Ça, c'est très important ." Elle a laissé un livre à son mari, ses deux enfants et quatre petits-enfants, ainsi qu'au reste de ses proches.
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