Le Hezbollah menace d’une « riposte appropriée » après des frappes israéliennes au Liban
Le Hezbollah a menacé samedi 15 août d’une « riposte appropriée » après des frappes israéliennes qui ont fait neuf morts dans le sud du Liban. Le mouvement chiite a aussi exhorté le gouvernement de Beyrouth à mettre fin aux négociations « humiliantes » menées avec Israël depuis avril.
« L’ennemi israélien doit comprendre que ses agressions (…) et tentatives d’imposer un fait accompli ne peuvent se poursuivre, et recevront la riposte appropriée, en défense du Liban » , a déclaré le groupe pro-iranien dans un communiqué.
Plus tôt samedi, des frappes israéliennes ont fait neuf morts, dont des femmes et des enfants, dans le sud du Liban, le bilan le plus meurtrier depuis les accords conclus entre Israël et le Liban en juin. Ceux-ci avaient conduit à une baisse des hostilités entre les forces israéliennes et le mouvement pro-iranien Hezbollah.
Une frappe aurait été menée « par des avions de combat ennemis contre une maison » située à la périphérie du village d’Ansar, a rapporté l’Agence nationale de l’information (ANI). Une autre a eu lieu dans le village de Deir Zahrani, à une vingtaine de km de là. À Ansar, un journaliste de l’AFP a vu un bâtiment entièrement détruit ainsi qu’une piscine et des voitures endommagées, alors que des secouristes sortaient des corps des décombres.
L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé une « infrastructure terroriste » du Hezbollah et déclaré que ses dernières frappes au Liban, constituaient une riposte à une violation du cessez-le-feu par le mouvement pro-iranien Hezbollah. Ces frappes « ont été menées en réponse à une grave violation de l’accord par le Hezbollah, après qu’il a attaqué nos forces à l’intérieur de la zone de sécurité convenue » , a écrit sur X la lieutenante-colonelle Ella Waweya, porte-parole de l’armée israélienne.
Le premier ministre libanais Nawaf Salam a lui dénoncé la mort de civils, parlant d’une « escalade » qui « sape les efforts visant à rétablir la stabilité dans le Sud » . « Les victimes de la frappe israélienne sur le village d’Ansar ne constituent pas une + infrastructure militaire + et les femmes et les enfants qui ont été tués ne sont pas des cibles militaires » , a-t-il dénoncé.
Cette nouvelle frappe est un « message clair » pour l’avenir des négociations entre Israël et le Liban, avant un nouveau cycle de pourparlers prévu en septembre à Rome, a estimé de son côté le président libanais Joseph Aoun. Dénonçant « la mort d’une famille entière dans le village d’Ansar » , il a condamné « l’attaque israélienne » et les « violations répétées de l’accord-cadre (…) et du droit international protégeant les civils ».
Le Liban a été entraîné début mars dans le conflit entre l’Iran et les États-Unis quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, après l’offensive américano-israélienne lancée en février contre la République islamique.
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