Canicule et surpopulation carcérale, les prisons en surchauffe
Les lieux de privation de liberté n’ont pas échappé aux canicules estivales. Aux formes de maltraitances carcérales que sont l’insalubrité, la promiscuité – trois prisonniers s’entassent parfois des mois durant dans des cellules de 9 m2 – ou la violence sous toutes ses formes s’ajoute désormais, et de façon récurrente, l’extrême chaleur.
En la matière, la France bat chaque année plus de records, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie. Quelque 89 446 personnes sont désormais détenues et le taux de surpopulation dans les prisons frôle les 140 %, atteignant 200 % dans des dizaines d’endroits. Face à cette évolution, tout le monde est perdant : les surveillants, épuisés de travailler dans ces endroits au bord de l’implosion, où les températures montent parfois jusqu’à 50 °C. Les détenus le sont aussi et notamment ceux, nombreux, que les troubles psychiatriques rendent encore plus vulnérables aux chaleurs étouffantes.
Il ne suffit pas d’augmenter le nombre de places pour résorber le problème, alertait début juillet la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot , préconisant les aménagements de peine et les alternatives à l’incarcération sans pour autant nuire à la fermeté judiciaire. En cette période électorale qui s’annonce, peu prendront le risque politique de heurter l’opinion publique en défendant l’amélioration des conditions de détention quand les écoles, les hôpitaux et les Ehpad ne sont pas équipés à la hauteur de l’urgence climatique.
Pourtant, le respect des droits fondamentaux des personnes passe aussi par celui des détenus. Dérangeante, cette réalité n’en est pas moins incontestable. Nous sortons tous exténués de cet été caniculaire, avec au mieux en tête des pistes pour affronter demain ces fortes chaleurs . En la matière, enrayer la surpopulation carcérale est un impératif.
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