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REPORTAGE. À la croisée entre paysannerie et culture, ce lieu utopique en Bretagne va bientôt accueillir un restaurant

Ouest-France ·
REPORTAGE. À la croisée entre paysannerie et culture, ce lieu utopique en Bretagne va bientôt accueillir un restaurant

Ce dimanche à Châteaulin, c’est jour de mariage. Une noce païenne s’apprête à être célébrée entre deux univers à la sémantique proche mais qui n’ont pas souvent l’habitude de se croiser : culture et agriculture. Une union rendue possible par le talent de trois musiciens finistériens expérimentés, nommés Antoine Pasqualini, Arnaud Kermarrec-Tortorici et François Joncour.

Tous trois ont déjà pas mal bourlingué sur les scènes du coin avec différents projets. Le dernier en date, qu’ils proposent en cette fin d’après-midi dominicale à la salle de concert Run ar Puñs, se présente sous le nom de groupe « Fourches ». Le trio offre un spectacle mettant en avant la parole souvent négligée des paysans bretons qui ont vu leurs pratiques être bouleversées depuis l’après-guerre. Un « concert-enquête » d’un genre nouveau, qui s’appuie sur le livre à succès Silence dans les champs de Nicolas Legendre, lauréat du prestigieux prix Albert-Londres.

« Ce concert précédé d’une après-midi festive, c’est en totale cohérence avec notre volonté d’intégrer le Run ar Puñs sur son territoire : entre Brest et Quimper, entre ville et campagne, à la croisée de l’artistique et de la paysannerie, du bien manger et du bien recevoir, les musiciens comme le public », pose Arnaud Le Roux, l’un des salariés de Rapass (pour Run ar Puñs Association), qui gère le lieu. Sa collègue Marie-Jeanne Flohic abonde : « C’est la mise en application concrète du slogan « Vivre et travailler au pays » qui nous anime ».

Un slogan emblématique de la décennie 1970, qu’a fait sien Jakez L’Haridon depuis sa prime jeunesse. Il n’a pas 20 ans quand, en 1977, il se voit confier par ses parents, exploitants agricoles du hameau de Run ar Puñs, l’un des principaux bâtiments d’élevage. « Ils arrivaient en retraite. Mes six frères et sœurs et moi héritions chacun d’une partie de la ferme. J’étais le petit irréaliste de la famille », sourit-il aujourd’hui en...

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