"Une vulgarité crasse": Renaud Muselier et plusieurs barons des Alpes-Maritimes en conflit après la suppression de lignes de transports
Des élus de droite et d'extrême droite des Alpes-Maritimes sont montés au créneau pour protester contre la décision de supprimer certaines lignes de transport, l'occasion d'une nouvelle passe d'armes entre le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et des barons de la politique locale.
Le département avait déjà été secoué au printemps par les tensions entre le président de région Renaud Muselier (Renaissance) et le maire UDR de Nice, Eric Ciotti , qui se rejetaient la faute concernant le retrait de la ville méditerranéenne de l'organisation des JO d'Hiver 2030.
Cette fois, c'est la suppression, dès le 1er septembre, de deux lignes de bus nocturnes, reliant Cannes à Nice et Cannes à Grasse, et l'abandon de services de Transport à la Demande (TAD) dans la communauté de communes Alpes d'Azur (34 communes rurales) qui a mis le feu au poudre.
"Seule, la communauté de communes Alpes d'Azur, ne peut assumer un TAD indispensable à nos populations rurales", réitérait vendredi soir le président de l'intercommunalité Charles Ange Ginésy , également président du département et ex-Les Républicains (LR).
"Je persiste et signe: c'est à la région, qui a le pouvoir régalien du transport, d'assurer cette mission. Son désengagement est réel et intervient de façon péremptoire sans recherche de solution", ajoute-t-il, déplorant "l'agressivité" de Renaud Muselier sur le sujet.
Il répondait à un courrier de Renaud Muselier dans lequel ce dernier rappelait qu'Alpes d'Azur avait "demandé et obtenu" dès 2021 la compétence des transports.
"Depuis, nous assurons l'exploitation de ce service TAD pour éviter l'interruption de la desserte, sans y être juridiquement tenu", écrit Renaud Muselier.
"Refusant d'assumer vos compétences, vous nous pointez du doigt et de surcroît, vous nous accusez de 'creuser les fractures territoriales'", a-t-il encore dit à l'adresse de Charles Ange Ginésy. "Votre mauvaise foi est effrayante."
Eric Ciotti est lui aussi monté au créneau tard vendredi soir: "les habitants de nos vallées ont besoin de ce transport à la demande", a-t-il dit sur X, accusant "sur la forme" Renaud Muselier de "vulgarité crasse".
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Dans une lettre commune adressée à Renaud Muselier, le député Rassemblement National Lionel Tivoli et Virginie Escalier, maire de Toudon, commune concernée par la suppression, appellent à revenir sur cette décision, rejetant le motif de faible fréquentation.
"On ne peut pas demander aux habitants de nos vallées de moins utiliser leur voiture tout en leur supprimant les transports", s'étonnent-ils.
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