Baignade interdite : que sait-on des cyanobactéries, qui se développent dans nos plans d'eau quand il fait chaud ?
Publié le mercredi 1 juillet 2026 à 14h45 Mis à jour le vendredi 14 août 2026 à 11h01
Des lacs, étangs et cours d'eau sont interdits à la baignade en raison de la prolifération de cyanobactéries favorisée par les épisodes de canicule successifs. Ces micro-organismes peuvent être toxiques pour les hommes, voire mortels pour les animaux. ICI fait le point.
Alors qu'un nouvel épisode de canicule s'est étendu sur l'ensemble du pays cette semaine , des lieux de baignade en eau douce sont menacés de fermeture en raison de la prolifération de cyanobactéries. Vieilles de plus de trois milliards d'années, ces bactéries indispensables à la vie mais potentiellement toxiques prolifèrent quand les eaux avoisinent les 30 degrés. Elles adorent "les plans d'eau, un peu de lumière et les fortes chaleurs" , résume Christophe Laplace-Treyture, chercheur de l'Inrae joint par l'AFP.
Ces organismes "microscopiques" se distinguent par leur couleur bleutée, - d'où ils tirent leur nom (cyan) - lorsqu'ils se développent en masse à la surface "des lacs, des cours d'eau ou des eaux saumâtres". Mais c'est leur capacité à "produire des toxines" qui entraîne les fermetures par les agences régionales de santé (ARS) de dizaines de plans d'eau douce de baignade surveillée, sur les 1.200 que compte le pays.
"Elles deviennent dangereuses quand elles produisent des toxines, qui peuvent être neurotoxiques ou hépatotoxiques, avec des effets sur tout le système gastro-intestinal" , comme l'expliquait sur franceinfo Cécile Bernard, chercheuse au Muséum national d’histoire naturelle, en août dernier. Les effets les plus courants peuvent être des nausées, vomissements, étourdissements, irritations cutanées, douleurs abdominales, diarrhées. Quelques dizaines de chiens en meurent chaque année. Chez l'homme, les cas mortels sont extrêmement rares . Une étude parue en 2017 dans la revue Archives of toxicology avait identifié seulement six cas de décès humains dans le monde liés à la contamination aux cyanobactéries depuis 1960.
Ces bactéries sont de plus en plus nombreuses avec le réchauffement climatique, alerte Cécile Bernard : "Chaque année, on a des conditions qui permettent le développement de cyanobactéries. Depuis les années 80, on observe ces développements de plus en plus massifs, du fait de l'augmentation de la température des écosystèmes aquatiques."
Selon Christophe Laplace-Treyture de l'Inrae, il n'existe "aucune solution miracle pour les éradiquer. Ce sont des organismes vivants qui étaient là avant nous et le seront encore après. On ne peut que s'en accommoder et limiter nos impacts". Car au-delà de la stimulation par la chaleur, ces micro-organismes se nourrissent des nutriments - phosphore et azote - rejetés par les eaux usées et les activités humaines (agriculture, industrie et urbanisation).
Pour réduire leur présence dans notre environnement, il est donc nécessaire de filtrer les eaux encore plus efficacement. Depuis 2007, la France a notamment interdit le phosphore dans les lessives, permettant de "diminuer significativement" les concentrations dans les lacs et les rivières de notre pays, souligne le Muséum national d'histoire naturelle.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ici.fr — le contenu appartient à ICI (ex-France Bleu).