Lutte contre la mendicité au Mali : derrière la rue, six parcours d'enfants à cartographier
Le 24 septembre 2026, le Mali a lancé la phase opérationnelle de sa Stratégie nationale de lutte contre la mendicité .
Nos recherches éclairent une question complémentaire : qui sont ces enfants, et comment se retrouvent-ils à la rue ? Des enfants réunis sur un même trottoir n'y sont pas arrivés de la même manière, et n'appellent pas la même réponse.
J'ai étudié l’enfance , les systèmes familiaux et la protection de l’enfance au Mali et en Afrique de l’Ouest.
Dans cet article, j'apporte quelques éléments de réponse.
Une enquête ethnographique La Stratégie nationale de lutte contre la mendicité repose sur quatre axes : les alternatives socio-économiques et la réinsertion des personnes vulnérables; le renforcement de la responsabilité parentale; l'encadrement et l'accompagnement des écoles coraniques; l'intégration progressive de l'enseignement religieux dans le système éducatif national.
Notre recherche de terrain, Confiage et enfants de la rue au Mali , menée de 2017 à 2025 à Bamako et dans des villages de Ségou et de Tombouctou, repose sur des entretiens et des observations auprès d'enfants et de familles , de services publics , d'ONG et d'autorités traditionnelles .
Cette étude qualitative , sans chiffres nationaux, montre d'abord que la grande majorité des enfants des rues ne sont pas abandonnés : ils ont un foyer où revenir le soir.
Une partie seulement, sans foyer, vit jour et nuit dehors, comme je l'ai montré dans un article publié .
L'enfant visible en plein jour n'est donc pas forcément celui qui reste quand la ville s'endort.
Or, on ne protège pas de la même façon un enfant qui retrouve un adulte chaque soir et un enfant sans contact avec sa famille.
Le confiage : une solidarité sans statut Ces enfants sont souvent issus d'un confiage : l'enfant appartient à toute sa parenté, qui peut le confier à un proche installé en ville, le plus souvent en raison de la faiblesse des revenus.
Le droit ne le reconnait pas : le Code des personnes et de la famille de 2011 ne connaît, pour un enfant dont les parents sont connus et qui vit chez un tiers, que la tutelle et l'adoption-protection.
Les textes encadrant la mobilité des enfants existent, mais leur violation n'est pas sanctionnée .
Ces dispositions légales sont d'ailleurs mal connues : le Comité des droits de l'enfant de l'ONU s'en inquiétait dès 1999, et le Mali le reconnaissait déjà dans son rapport de 2005 .
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