« Joyau de l’Atlantique », prison… Les mille et une vies du fort de Pierre-Levée
Des pas saccadés des militaires aux rires des enfants en classe mer, en passant par les râles mourants de Philippe Pétain ou encore les chroniques humoristiques de la radio Neptune d’aujourd’hui. Le fort de Pierre-Levée aura abrité, entre ses épais murs de granit, de nombreux locataires aux trajectoires opposées. Et, de ce fait, rempli mille et une fonctions. Hormis, peut-être, celle pour laquelle il était vraiment dédié à l’origine : protéger L’Île-d’Yeu, et plus particulièrement protéger les habitants des Anglais.
À l’époque où sa construction est commandée, au milieu du XIV e siècle, certes les relations franco-britanniques se sont apaisées, mais tout reste encore fragile sous le règne de Napoléon III. Les premières pierres sont posées en 1858 sur les traces d’un premier jet obsolète. Le chantier durera huit ans, jusqu’en 1868. Ironie du sort, le danger ne viendra pas de l’Ouest mais finalement de l’Est avec la déclaration de guerre franco-prussienne en 1870. Le rythme infernal des guerres de cette époque développe à vitesse grand V l’artillerie. À peine né, il devient obsolète , explique le guide vendéen, Patrick Ricolleau.
Insularité, éloignement, écarté de toutes frontières… L’île qu’on surnomme « le joyau de l’Atlantique » remplit idéalement le cahier des charges d’une prison d’État et son rôle bascule. Le fort accueillera d’abord 300 prisonniers, insurgés de la Commune de Paris de 1871, qui vont y être détenus, avant de recevoir son premier corps de troupe deux ans plus tard, selon le service patrimoine de la Ville.
À lire aussi : Vendée. Quand le château de l’île de Noirmoutier s’est transformé en prison
Vient ensuite la période la plus sombre de son histoire. Au lendemain de l’entrée dans la Grande Guerre, la Vendée, comme ailleurs, internera de force des milliers de civils étrangers des pays belligérants dans des camps. Surnommés les « Indésirables », ces derniers seront détenus par centaines à la citadelle (voir ci-contre). Après 1918, des réfugiés ou des prisonniers de guerre de différentes nationalités se succèdent jusqu’en 1945, où la citadelle deviendra le témoin de la lente déchéance de l’ex-maréchal Pétain (voir ci-contre) , son locataire le plus célèbre. Ces fortifications abritent désormais de nombreux événements culturels et accueillent un grand nombre d’associations.
Patrick Ricolleau, « Un guide en Vendée », propose des visites commentées de L’Île-d’Yeu et du fort de Pierre-Levée. Infos et réservations sur ses réseaux sociaux ou sur son site. Le patrimoine de la Ville organise également des visites guidées du fort intitulé « Les Mystères de la Citadelle ». Réservation obligatoire auprès de l’office de tourisme (règlement et tickets à retirer au guichet billetterie).
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.ouest-france.fr — le contenu appartient à Ouest-France.