"Plus de 80 % de mortalité", les canicules créent de gros dégâts dans les élevages d'escargots des Pyrénées-Orientales
Les escargots peinent à résister aux fortes chaleurs. Les producteurs des Pyrénées-Orientales, eux, tentent de s'adapter comme ils le peuvent.
C'est bien connu, les escargots aiment la pluie. Mais ce qu'on sait moins, c'est à quel point ils peuvent être sensibles à la chaleur. Depuis le début de l'été et l'enchaînement des épisodes canicules, les escargots souffrent énormément . " Chez moi, c'est une catastrophe. Le taux de mortalité dépasse les 80 %" , soupire Jérémy Henrique, héliciculteur à Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales). " En principe, le taux de mortalité oscille entre 40 et 50 %. Cette année, j'avais passé le cap du million d'escargots, je pensais en produire la moitié mais on sera sûrement plus près des 100.000 !"
Les fortes chaleurs du mois de juin ont fait des ravages chez les juvéniles . " La reproduction est une période cruciale pour nous. Il ne faut surtout pas qu'il fasse trop chaud sinon c'est foutu ", continue l'ancien restaurateur, reconverti dans le maraîchage et l'héliciculture depuis trois ans. Une partie des juvéniles ont quand même pu être placés dans la chambre froide de l'exploitation.
Autre très gros problème : la température la nuit. " Ces dernières semaines, le thermomètre ne redescend pas sous les 26 degrés la nuit. On a même eu 30 degrés ! Si on arrose dans ces conditions, on va créer une bactérie qui tue les escargots... Il faudrait qu'il ne fasse pas plus de 24 degrés la nuit ." Or sans arrosage, pas de fraîcheur et pas d'ombre non plus sur les parcs. " D'habitude nous faisons pousser de la moutarde blanche qui monte à plus d'un mètre de hauteur et qui permet de gagner dix degrés à ras du sol mais sans eau, la moutarde ne pousse pas.. ."
Jérémy Henrique le reconnaît, la situation " est compliquée moralement. Cette année, nous étions en train d'exploser. Nous avions de nombreux nouveaux clients. Nous avions même refusé certains marchés. " Financièrement, le producteur estime ses pertes à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Mais le patron de l'Escargot du Tech ne veut pas baisser les bras et réfléchit déjà à des alternatives . " On travaillera l'hiver. Au lieu de démarrer la saison au mois de mai, on commencera en février. Dans le nord de la France, ce n'est pas possible mais chez nous, il n'y a pas de grosses gelées. On a cette chance là.
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