Présidentielle 2027 : au Medef, un enjeu de cohérence
On n’imaginait pas que les premiers échanges entre les candidats à la présidentielle se feraient sur un court de tennis, mais c’est pourtant bien à Roland-Garros, devant 13 000 spectateurs, qu’ils ont rendez-vous mercredi 26 et jeudi 27 août, à l’invitation du Medef. Jeudi après-midi, sept des principaux prétendants, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, vont même se retrouver côte à côte pour répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise sur la fiscalité, le modèle social, la compétitivité ou la capacité à investir. Patrick Martin , qui préside l’organisation patronale, espère ainsi remettre de la « rationalité » dans le débat.
Ce ne serait pas inutile alors que les candidats ne parviennent même pas à établir un diagnostic partagé, ne serait-ce que sur la nécessité de desserrer la contrainte de la dette ou d’accélérer la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Et ce, malgré la mauvaise passe que traverse l’économie française, avec un taux de chômage remonté à son plus haut niveau depuis 2020, une inflation qui continue d’éroder le pouvoir d’achat et la croissance désespérément faiblarde.
La question n’est donc pas de savoir s’il fallait lancer la campagne devant les chefs d’entreprise : il est heureux que le futur locataire de l’Élysée entende les préoccupations de ceux qui investissent, innovent et, peut-on espérer, créent des emplois. Il s’agit surtout de bien écouter les engagements qui seront demandés et les promesses qui seront faites. Car la campagne est longue et une telle rencontre devra aussi être organisée, le moment venu, par les organisations syndicales. Elle aurait même pu, rêvons un peu, être menée en même temps devant l’ensemble des partenaires sociaux. Le symbole aurait été fort, au moment où la mécanique du dialogue social est dangereusement enrayée.
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