Emmanuel Macron et ses successeurs : à quoi ça sert, président de la République ?
C'est facile de se moquer.
En 2017, Emmanuel Macron se moquait des "candidats à la succession de Poincaré et de de Gaulle [qui] s'intéressent aux menus scolaires" ou à "la longueur des tenues vestimentaires".
Le même sera bien obligé de se pencher, comme dans son discours des Mureaux en 2020, sur "les menus confessionnels" et "les horaires des piscines".
Le même, cinq ans plus tard, prendra soin d’annoncer en personne la gratuité des préservatifs en pharmacie pour les moins de 26 ans.
Le même ira jusqu’à demander, à la télévision, devant plus de 20 millions de téléspectateurs, à ses concitoyens d'"aérer régulièrement" et de "se laver les mains".
La conception de la fonction présidentielle illustre, mieux que beaucoup d’autres sujets, le décalage entre ce qu’un candidat en dit avant d’entrer à l’Elysée et ce qu’il en fait après l’élection.
Comme toujours, Emmanuel Macron avait poussé le bouchon loin.
Il dissertait volontiers, on s’en souvient, sur le rôle d’un "absent" dans la vie publique, à savoir " la figure du roi , dont [je] pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort", dans un entretien fameux publié par Le 1 .
Très vite, dès novembre 2018, il est contraint de promettre qu’il va désormais diriger "d’une manière différente" et cela deviendra un leitmotiv de ses mandats.
Changer, se réinventer, il le dira sur tous les modes.
Les crises viendront balayer ses certitudes, notamment celle du Covid.
A cette occasion, le président confie : "Il faut accepter de descendre dans l'intimité de la vie." C’est comme cela qu’il en viendra à demander à ses concitoyens d’ouvrir les fenêtres chez eux.
"Je resterai le maître des horloges, il faudra vous y habituer", lançait Emmanuel Macron en avril 2017, sur France 2.
"Il y a un maître des horloges qui s'appelle le Covid", doit-il alors concéder.
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