Bruno Bouchard, président de Paris Dauphine - PSL : "L’enseignement supérieur mérite mieux que des effets d’annonce !"
"Le blocage de l’Université Paris-Dauphine par ses étudiants est tout fait exceptionnel.
Cela ne s’était pas produit depuis plus de dix ans !", s’exclame son président Bruno Bouchard.
En ce 8 octobre, lors d’un entretien accordé à L'Express loin de son bureau temporairement inaccessible, il fait part de son inquiétude face à la crise qui secoue le monde de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
Malaise des jeunes, perte d’influence de la recherche française, situation financière critique des universités… "Les candidats à la présidentielle doivent prendre à bras-le-corps les vrais sujets et ne plus se cantonner aux effets d’annonces contre-productifs", insiste Bruno Bouchard.
Des lycéens désorientés "Le mouvement actuel traduit une angoisse profonde des jeunes face à un avenir incertain.
Le stress les accompagne désormais tout au long de leur parcours, du bac-3 au bac+3, puisqu’on leur demande de plus en plus tôt de faire des choix stratégiques en matière de spécialités ou d’options.
D’autant qu’ils doivent aujourd’hui composer avec une multitude d’informations là où autrefois il suffisait d’opter pour l’une des quelques filières possibles au lycée.
En matière d’orientation, on comprend que les familles aient du mal à s’y retrouver parmi l’offre pléthorique.
Si on ajoute à cela un contexte national et un environnement géopolitique et économique très anxiogènes, beaucoup de nuages noirs s'amoncellent au-dessus de leurs têtes." Parcoursup, un faux coupable "Les critiques ont tendance à se focaliser sur Parcoursup , or cette plateforme n’est qu’un outil de mise en relation entre les candidats et les formations.
Le vrai problème est le manque de places disponibles.
La baisse démographique annoncée ne doit pas faire oublier que nous connaissons actuellement un pic de jeunes dans le supérieur.
Le nombre d’étudiants a augmenté de 20 % en dix ans et les universités en ont accueilli la moitié.
Résultat : après le bac, beaucoup de jeunes se retrouvent dans des licences non sélectives par défaut, en attendant de se réorienter ailleurs.
Certains organismes privés, parfois de très mauvaise qualité, ont quant à eux profité de cette explosion de la demande pour se développer." Le décrochage de la recherche française "Le recul de la part des publications françaises dans les revues scientifiques est un signal qui doit nous alerter.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.