Du jeu vidéo aux blocus lycéens : Discord, arme de raid d'une génération
L’horloge approche des 11 heures, le début du cours.
C’est le moment choisi par un dénommé "Aidoru", pour coller le lien d'une classe virtuelle ouverte par un lycée d’Ile-de-France, sur Discord .
"Venez.
Mettez pas des noms bizarres.
Des noms normaux", intime-t-il, afin d’éviter de sonner l’alerte.
Le professeur, derrière l’écran, ne doit se douter du "e-blocus" qui s’apprête à le frapper.
Car sitôt entrés dans les "e-classes", les faux élèves crient, chantent, chahutent, parfois lancent de la musique ou diffusent le générique de films ou de dessins animés bien entêtants à l’image de celui de La Reine des neiges , ont également pu constater nos confrères de franceinfo .
Ce chahut, tantôt bon enfant, vire aussi à la violence : insultes, images pornographiques, messages racistes ou antisémites.
A Nice, une enquête a récemment été ouverte pour apologie du terrorisme.
"C’est fini mon cours il ont craquer et ma pp [professeur principale] veut portez plainte (sic)", réagit un profil sans photo, sur le même serveur Discord consulté par L'Express.
Popularisées lors de la crise du Covid-19, les classes virtuelles sont censées assurer la continuité pédagogique des lycées fermés par les blocages qui secouent la France depuis fin septembre .
Elles se sont vite transformées en un second front de la mobilisation, dont la base arrière se trouve sur Discord.
Lancée en 2015, la plateforme permet de créer gratuitement un serveur, découpé en salons écrits ou vocaux, où se pressent jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de membres.
A l’origine, pour du jeu vidéo.
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