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"Un matin, plus une goutte d'eau, les vaches ne pouvaient pas boire": la fabrication du reblochon menacée par la canicule

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"Un matin, plus une goutte d'eau, les vaches ne pouvaient pas boire": la fabrication du reblochon menacée par la canicule

REPORTAGE - Pour que leur fromage soit AOP, les producteurs de reblochon doivent s'assurer que leurs vaches pâturent 150 jours par an. Mais en cet été caniculaire, l'herbe est bien trop sèche. Dans les Aravis en Savoie, les fermiers s'adaptent comme ils peuvent. Mais face à la gravité de la situation, ils en sont venus à demander un assouplissement de leur cahier des charges. Vous trouvez que cet été 2026 a été éprouvant avec ces vagues de chaleur à répétition ? Pour les vaches laitières, il a incontestablement été bien pire. Et pour cause: pour ces animaux le stress thermique survient à partir de 22°C.

À partir de cette température, il leur devient plus compliqué de maintenir leur température interne stable. À titre de comparaison pour un humain, cet état de stress thermique démarre plutôt autour de 30°C. Lorsque les températures dépassent les 35°C, nos amis les bovins souffrent donc beaucoup plus.

Évidemment, cela n'est pas sans incidence sur leur production de lait. Et le fait que les canicules se répètent plus régulièrement et soient de plus en plus intenses suscite une vraie crainte chez les éleveurs. Pour prendre le pouls de cette situation, RMC Conso s'est rendu dans la chaîne des Aravis en Haute-Savoie, au cœur de la zone de production du reblochon.

Le moins que l'on puisse dire est qu'elle est d'ores et déjà alarmante. Même dans les alpages, les températures ont atteint des sommets. Un comble, alors qu'habituellement si des éleveurs décident de faire transhumer leurs bêtes dans ces pâturages de haute montagne, c'est précisément pour gagner un peu de fraîcheur.

Baptiste Mermillod fait partie de ces producteurs qui passent une partie de l'année en plaine. Et une autre, souvent de fin mai à mi-septembre, en altitude. Dans son alpage "Le Sapey" situé sur les hauteurs (à 1.100 mètres) de la commune de Serraval, le mercure est monté jusqu'à 38°C fin juin, lors de la vague de chaleur la plus intense .

Mais ce qui l'inquiète encore plus, c'est que ces vagues de chaleur soient devenues si récurrentes. "Ce qui était de l'ordre de l'exceptionnel est devenu une routine. Et cela nous crée de plus en plus de problèmes" affirme ce producteur qui est aussi le président du Syndicat interprofessionnel du reblochon (SIR).

À bien des égards la chaleur affecte la production de ce fromage emblématique de la région. Première chose que l'on constate en arrivant au Sapey en cette fin de mois de juillet, c'est à quel point l'herbe est sèche. À plus de 1.000 mètres d'altitude, elle est censée être plus verte à cette période de l'année... Normalement, l'herbe ne commence à devenir si jaune qu'au début de la fin de la saison d'alpage, à partir de fin août.

Mais là, c'est comme ça déjà depuis même plusieurs semaines. Habituellement quand Baptiste Mermillod arrive en alpage après la transhumance, il a cette herbe toute verte du printemps. Cette année, dès la première canicule de fin mai, la plus précoce jamais vue en France , l'herbe a commencé à se dessécher.

Et cela pose un gros problème. Une herbe sèche est bien moins riche en nutriments (protéines, fibres...) que celle verte et tendre.

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