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Yémen : les Etats-Unis jouent les équilibristes face à la menace houthiste

L'Express ·
Yémen : les Etats-Unis jouent les équilibristes face à la menace houthiste

Alors que la situation s'envenime entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l'Iran, et que ces derniers menacent de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb , Riyad, qui en dépend fortement pour ses exportations pétrolières, multiplie les appels du pied à Washington.

Rien que sur la journée de ce jeudi 10 septembre, Mohammed Ben Salmane a appelé Donald Trump à deux reprises pour le convaincre de lancer des frappes contre les houthistes, révèle le média américain Axios .

Peine perdue pour l'instant : le président américain a dit non au prince héritier saoudien, cherchant à éviter une action militaire directe, susceptible de faire des victimes côté américain, et préférant rester concentré sur le détroit d'Ormuz.

De la même façon, les Etats-Unis ne contribuent pas non plus au ravitaillement en vol des avions de combat saoudiens ni à l'assistance opérationnelle, contrairement à ce qui s'est passé lors des précédents affrontements avec les houthistes, rapporte CNN .

Auprès de la chaîne, un haut responsable américain a souligné qu'il existait au sein de l'armée une profonde méfiance à l'idée d'être trop étroitement associé à une campagne de frappes saoudiennes, surtout si l'une de ces frappes venait à faire des victimes civiles, comme par le passé.

Partage de renseignements Mais Washington n'en reste pas moins préoccupé par la situation et a même dépêché l'amiral Brad Cooper , commandant au sein du CENTCOM (Commandement central des États-Unis), pour des réunions urgentes de coordination en Arabie saoudite.

A défaut de vouloir s'impliquer directement dans ce conflit, les Etats-Unis privilégient le partage accru de renseignements avec Riyad, raconte CNN, qui a interrogé cinq sources proches des opérations.

Environ 100 conseillers militaires américains seraient déjà présents sur place pour fournir des renseignements, des données géospatiales ou encore de ciblage au royaume.

Ils travailleraient au sein d'un nouveau commandement militaire comptant environ 200 personnes, créé ces dernières semaines spécialement pour faire face à la menace houthiste.

Selon un responsable américain cité par la chaîne, ces échanges de renseignement visent notamment à permettre aux officiers saoudiens de mieux visualiser la situation sur le champ de bataille en temps réel, à l'aide de modèles similaires au système IA Maven utilisé par le Pentagone.

L'étau se resserre sur le détroit de Bal el-Mandeb Car le niveau de confrontation entre l'Arabie saoudite et les houthistes est à son plus haut depuis 2022.

Les tensions ont escaladé en juillet dernier, lorsque Riyad a empêché l'atterrissage d'un avion iranien transportant de hauts responsables houthistes, qui étaient allés assister aux funérailles d'Ali Khamenei.

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