Fragilisé à la tête de la Fifa, Gianni Infantino "a de bonnes chances de passer l'été"
Le président de la Fifa est dans l'œil du cyclone depuis l'annonce de son projet controversé d'ouvrir l'instance du football mondial à des investisseurs privés. Malgré un retrait rapide de ce projet, plusieurs confédérations, dont la puissante UEFA européenne, maintiennent Gianni Infantino sous pression. De quoi le pousser à la démission ? Rien n'est moins sûr d'ici la prochaine élection de la Fifa en mars prochain. Explications.
Par : Jean-Luc MOUNIER Gianni Infantino plus menacé que jamais à la tête de la Fifa. Alors qu'il semblait intouchable après la "réussite historique" du Mondial 2026, selon ses mots, le patron du football international est en pleine tempête depuis deux semaines après avoir tenté d'ouvrir l'instance qu'il dirige à des investisseurs privés . Un projet rapidement avorté après l'opposition ferme de trois confédérations, la puissante UEFA européenne en tête . Depuis, la colère n'est pas retombée et se transforme peu à peu en une ferme contestation de l'actuel numéro 1 du football mondial.
Les instances européenne, nord-américaine et asiatique sont toujours vent debout contre Gianni Infantino : elles ont notamment rappelé que le football "n'appartient à aucun individu" , dans une lettre ouverte rendue publique lundi. "Il y a du silence là où il devrait y avoir des responsabilités, de la distance là où il devrait y avoir de la transparence. Ce ne sont pas les qualités que le football mérite de trouver dans son leadership", ont aussi taclé les trois confédérations.
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Pour autant, le président de la Fifa "a de bonnes chances de passer l'été, à moins que la situation ne s'envenime avec le front commun UEFA-Concacaf-AFC", estime Kévin Veyssière, fondateur du média FC Geopolitics. Selon lui, Gianni Infantino bénéficie d'appuis malgré sa fragilité actuelle : "Il a réussi à avoir le soutien des confédérations africaine (CAF) et sud-américaine (Conmebol), on voit aussi que le Mexique s'est désolidarisé de la Concacaf, et enfin le numéro 2 de la Fifa – Mattias Grafström, qui l'avait critiqué en interne dans un premier temps – s'est finalement rangé derrière lui."
Sans oublier le soutien appuyé du président américain Donald Trump , qui a estimé que "la Fifa commettrait une terrible erreur si, pour quelque raison que ce soit, elle envisageait ne serait-ce qu'un instant de remplacer son président Gianni Infantino". Voilà pour le rapport de force du moment, alors que la prochaine élection du président du football mondial doit avoir lieu le 18 mars 2027.
"Gianni Infantino est fragilisé, mais il essaie de faire le dos rond avant d'enclencher la séquence de sa réélection", analyse Kévin Veyssière. Silencieux durant les premières turbulences après la fuite dans la presse de son projet controversé, le président de la Fifa a repris ces derniers jours une activité visible de dirigeant de l'instance du football mondial. Présent au Maroc pour une réunion de crise , il en a profité, mercredi 5 août, pour faire un passage dans les tribunes du stade Al Medina de Rabat à l'occasion du match de CAN féminine entre le Malawi et la Zambie.
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