Scandales financiers, chute de popularité, élection contre une poubelle : l'été maudit de Nigel Farage
Ce vendredi 14 août, Nigel Farage montera sur scène dans la station balnéaire de Clacton-on-Sea et sera déclaré vainqueur de la législative partielle dans son fief.
A ses côtés, se tiendront ses trente-deux concurrents à cette élection, uniquement des candidats indépendants, plus ou moins farfelus.
Son principal rival : le comte "Tête de poubelle", candidat satirique donné à 20 % dans le seul sondage publié en amont du scrutin.
Ainsi se déroule "l'élection la plus stupide de l'histoire britannique" selon le Daily Telegraph, qui couronne un été catastrophique pour le père spirituel du Brexit.
Depuis mars 2025, plus de 300 sondages d'affilée lui promettaient les clés du 10 Downing Street en cas d'élections nationales, le plaçant dans la même cour que Winston Churchill, Margaret Thatcher ou Tony Blair.
Mais, en cet été 2026, Nigel Farage se retrouve embourbé dans son face-à-face avec le comte "Tête de poubelle" pour conserver son siège de député à Clacton-on-Sea, sur la côte Est de l'Angleterre.
L'issue du vote ne fait aucun doute, puisque l'ensemble des partis britanniques ont décidé de boycotter cette législative provoquée par Farage lui-même et que la région est acquise depuis des années à Reform UK.
Début juillet, le leader populiste annonçait sa démission de son poste de député, puis sa candidature pour une réélection.
Une manière selon lui de "laisser le peuple juger" les affaires qui l'entourent.
Une manière, surtout, de se placer sous les projecteurs médiatiques tout l'été, avec l'espoir que les scandales, notamment un don inexpliqué de 5 millions de livres sterling (près de 6 millions d'euros) de la part d'un milliardaire des cryptomonnaies, seraient engloutis sous les débats politiques.
C'est raté.
"Le résultat sera certainement brandi par Farage comme un appui du 'peuple' à son combat contre 'les élites', mais pour la majorité des Britanniques ces élections ressemblent seulement à une farce coûteuse qu'il a lui-même manigancée pour détourner l'attention — sans succès d'ailleurs, avance Tim Bale, professeur de politique à la Queens Mary University of London.
Sa stratégie s'est effondrée dès que les autres partis ont refusé de tomber dans son piège." Résultat, même en cas de victoire ce 13 août, le leader populiste ne sortira pas grandi de cette élection.
"C'est comme quand une équipe de première division joue contre des amateurs : tout le monde s'attend à un triomphe 8-0, donc même une victoire sur le score de 1-0 ou 2-0 ressemble à une humiliation pour le favori… En l'occurrence, Farage a complètement raté son coup politique", estime son biographe Michael Crick, auteur de One party after another : The disruptive live of Nigel Farage (2022).
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