L’écrivain du mois d’août : Pierre Adrian ou le spleen des fins d’été
On se souvient d’un merveilleux Modiano intitulé Dimanches d’août .
C’est un titre de livre qu’aurait pu prendre Pierre Adrian, tant il est devenu spécialiste des étés finissants.
Il y a quatre ans, il avait connu un gros succès avec Que reviennent ceux qui sont loin , roman consacré à la maison de famille où il passait toutes ses grandes vacances en Bretagne.
Puis il avait publié Hotel Roma , récit crépusculaire des derniers jours de la vie de Cesare Pavese, qui s’était suicidé à Turin le 27 août 1950.
Le Pays des étés est un peu la suite de Que reviennent ceux qui sont loin (même si on peut lire les deux indépendamment) : on y retrouve les mêmes lieux et les mêmes personnages – hélas, tout est en train de changer...
C’est l’histoire d’un double deuil : à la mort de la grand-mère, il va falloir se séparer de la propriété et liquider un siècle d’histoire.
Le narrateur se rappelle sa jeunesse, parle à ses oncles et tantes, regarde une dernière fois grandir ses petits-cousins.
Les rangements faits, la maison est mise en vente.
Les acquéreurs n’y vont pas avec des pincettes : ces rustres refont tout à neuf, et font même creuser une piscine chauffée.
Adrian pose sur ces touristes un regard tour à tour nostalgique et moqueur – lui qui est par ailleurs un excellent cycliste est très amusant quand il parle de la mode du vélo électrique.
"Ce pays était celui de mon bonheur", écrit-il simplement.
Son roman universel touchera tous ceux qui ont perdu les lieux magiques de leur enfance.
Le Pays des étés par Pierre Adrian.
Gallimard, 180 p., 19 €.
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