Incendie du Gros Bessillon : que faire du bois calciné ?
Sophie Glotin Publié le jeudi 13 août 2026 à 18h45 Mis à jour le vendredi 14 août 2026 à 10h50
Alors que le feu du Gros Bessillon n'est toujours pas éteint, l'après-incendie se prépare déjà. Une réunion s'est tenue ce jeudi 13 août à Montfort-sur-Argens pour organiser les travaux d'urgence dans les forêts et éviter de nouveaux dégâts, notamment lors des prochaines pluies.
Que faire des milliers de tonnes de bois calciné après l'incendie du Gros Bessillon ? La question devient urgente. Le feu a parcouru 6.300 hectares en Provence verte, dont environ 5.700 réellement brûlés.
Maires des communes touchées, représentants des propriétaires forestiers, services de l'État et financeurs étaient réunis ce jeudi à Montfort-sur-Argens à l'initiative de la préfecture. L'objectif est de coordonner les travaux sur les six communes concernées et de profiter du retour d'expérience de l'incendie de Gonfaron, dans la plaine des Maures.
"On a essayé d'engranger cette expertise pour en faire bénéficier le territoire du Gros Bessillon et coordonner l'action entre privé et public" explique Anne-Cécile Vial, sous-préfète de Brignoles. "On s'est vraiment focalisé sur ces travaux d'urgence : procéder au retrait des bois brûlés là où ce sera prioritaire, notamment dans les endroits où il y a de fortes pentes. Il y aura aussi tout un travail pour retenir la terre et éviter l'érosion. C'est vraiment le premier travail d'urgence. Pour la réhabilitation forestière ou agronomique, ce sera dans un second temps".
La priorité est désormais de sécuriser les secteurs brûlés : retirer les arbres dangereux, notamment dans les fortes pentes, mais aussi limiter l'érosion des sols et les ruissellements.
À Correns , où le feu est descendu quasiment jusqu'au village, certains arbres menacent déjà de tomber. D'autres, encore verts en apparence, peuvent être brûlés à l'intérieur. Des roches fragilisées par la chaleur pourraient également se détacher. "On est encore dans la sécurité des biens et des personnes" insiste Nicole Rullan, maire de Correns. Elle redoute surtout de fortes précipitations : " 100 mm en une heure, ce serait une catastrophe . Il pourrait y avoir des coulées de cendre et de boue."
Même inquiétude à Barjols . Sa maire, Cathy Venturino-Gabelle, veut agir "le plus rapidement possible" pour éviter que les sols dévastés ne provoquent de forts ruissellements et de nouvelles inondations.
Tout le bois calciné ne sera pas évacué. Une partie des arbres sera utilisée pour fabriquer des "fascines" . Les troncs sont disposés en travers des pentes pour former de petits barrages naturels. "La chose la plus importante après un incendie, c'est de ne pas perdre en plus le sol qui est le support de la forêt" explique Olivier Chandiou, directeur du bureau d'études forestier Alcinéa.
Le reste du bois pourra notamment être valorisé en bois énergie . Selon Marie Gautier, ingénieure au Centre national de la propriété forestière, environ 70 % des forêts touchées par ce feu sont privées. Les propriétaires pourront vendre une partie du bois, principalement à destination des centrales biomasse et des chaufferies.
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