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«Déçus et déprimés», ils ne répondront pas aux nouveaux appels à se rendre illégalement à Ceuta

RFI ·
«Déçus et déprimés», ils ne répondront pas aux nouveaux appels à se rendre illégalement à Ceuta

Toute la journée, vendredi 14 août, la police a procédé à des contrôles et arrestations aléatoires à Fnideq, au Maroc, mais de nombreux jeunes qui ont atteint l'enclave de Ceuta par la mer, il y a deux semaines, ne répondront pas aux appels du 15 août, sans pour autant avoir abandonné leur rêve d'Europe.

Écouter - 01:28 Par : RFI Publicité Lire la suite Avec notre envoyé spécial à Fnideq, François Hume-Ferkatadji

Cette fois, Walid, 18 ans, n'y retournera pas : « Non, je n'y retournerai pas, parce qu'il n'y a aucune solution pour nous là-bas. Le Maroc a exigé qu'on revienne et l'Espagne aussi voulait nous faire partir. Ils ne vont pas nous donner de papiers ou de passeport, rien du tout. »

Le 30 juillet dernier, c'est sa mère qui l'a encouragé à prendre part au franchissement collectif, mais rapidement il a vu son rêve d'Europe se transformer en cauchemar. Deux de ses amis, 16 et 18 ans, se sont noyés ce jour-là : « Les gens s'agrippaient les uns aux autres dans la mer, c'est comme ça qu'ils sont morts. Ça m'a rendu triste, déçu et déprimé. »

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Cet ancien manifestant du mouvement GenZ 212, qui maîtrise trois langues, n'a pas pour autant abandonné son rêve d'Europe. « Pour une meilleure vie, pour fonder une famille, gagner de l'argent, avoir une chance de trouver un travail et pour que ma famille soit fière de moi. Ici, c'est impossible de gagner de l'argent . »

À ses côtés, son ami Lyan, habitant de Fnideq, ne souhaite pas non plus retenter un passage illégal de la frontière. Lui, a passé quatorze jours à Ceuta avant de se décider à rentrer. « Là-bas, je ne mangeais pas sainement, seulement des boîtes de conserve dans la rue . »

Walid précise qu’il ne cautionne pas les arrestations dont il a été témoin, vendredi 14 août, à Fnideq : « Ce n'est pas légal ! Pourquoi arrêter des enfants ? Quel est le sens de tout cela ? »

Ce samedi 15 août, les forces de police, présentes en masse à Fnideq et sur la mer, vont empêcher tout passage vers le territoire espagnol.

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