"Le boom de l'IA a changé la donne" : ces pénuries qui guettent l'Europe et les Etats-Unis
Certaines pénuries laissent le temps de s'organiser.
D’autres prennent le monde de court.
Depuis maintenant plusieurs années, les pays occidentaux se préparent à des ruptures d’approvisionnement en puces électroniques, en terres rares , en cuivre… Mais aucun n’avait prévu de manquer subitement de turbines à gaz.
Avant la guerre en Ukraine, ces équipements compacts qui produisent de l’électricité semblaient même voués à disparaître, remplacés par des technologies plus vertes .
Aujourd’hui, le monde se les arrache.
"Désormais, il faut attendre jusqu'à cinq ans pour recevoir un modèle de forte puissance commandé aujourd'hui.
C'est le délai le plus long observé depuis un quart de siècle", observe Felipe Germini, dirigeant de Germini Energy, un courtier spécialisé sur les produits pétroliers.
"Le boom de l'intelligence artificielle et l'essor des énergies renouvelables ont changé la donne pour ces équipements, constate Damien Ernst, professeur d'électromécanique à l'université de Liège.
Plus un réseau électrique intègre d'éolien et de solaire, plus il a besoin de moyens de production capables de prendre le relais lors des périodes sans vent ni soleil, ce que les Allemands appellent la 'Dunkelflaute'.
Ce rôle de secours revient aux grandes turbines".
En parallèle, l’IA alimente la pénurie en cherchant désespérément des sources d’énergie pour assurer son développement.
"Les centres de données consomment de l'électricité en continu, jour et nuit.
Et leurs opérateurs veulent une puissance disponible à une date ferme.
Face à des délais de raccordement au réseau qui s'étirent sur plusieurs années - aux Etats-Unis, seulement 13 % des demandes de raccordement soumises entre 2000 et 2020 auraient abouti fin 2025 selon un rapport du Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL) -, de nombreux opérateurs finissent par installer leurs propres turbines", explique Felipe Germini.
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