"Le film le plus chaotique que j'aie jamais réalisé" : Tim Burton ne garde pas un bon souvenir de ce tournage avec Johnny Depp
Tim Burton a connu bien des tournages hors normes, mais l’un d’eux reste inégalé. Avec Johnny Depp au casting, ce film s’est transformé en un immense puzzle que le réalisateur assure ne plus jamais vouloir reproduire.
Dans la longue filmographie de Tim Burton , les productions ambitieuses et techniquement complexes ne manquent pas. Pourtant, lorsqu’il s’agit de désigner le tournage le plus difficile à maîtriser de sa carrière, le cinéaste n’hésite pas longtemps : Alice au Pays des Merveilles , son adaptation du célèbre classique de Lewis Carroll sortie en 2010.
Le réalisateur s’est replongé dans ses souvenirs à l’occasion de son passage dans le Video Club de Konbini en 2025. Alors que Mercredi , dont il est producteur et réalisateur de plusieurs épisodes, était diffusée sur Netflix, Tim Burton a profité de cet entretien pour évoquer les œuvres qui ont nourri sa passion pour le cinéma, mais également plusieurs étapes importantes de sa propre carrière.
Au cours de la discussion, Tim Burton est notamment interrogé sur deux films qu’il a réalisés pour Disney : Alice au Pays des Merveilles en 2010 et Dumbo , arrivé neuf ans plus tard. Deux adaptations en prises de vues réelles de classiques du studio, mais dont la fabrication a été très différente.
Pour Alice au Pays des Merveilles , le cinéaste s’est retrouvé face à un véritable défi technique, à une époque où Disney commençait tout juste à miser massivement sur ce type de relecture spectaculaire.
“ C’est drôle parce que quand j’ai fait Alice au Pays des Merveilles, c’était tout nouveau, Disney qui faisait tout ce blabla… Ça a été le film le plus chaotique que j’ai jamais réalisé, parce que je n’ai pas utilisé qu’une seule technique, je n’ai pas fait que de la motion capture... J’ai mélangé tous les effets. ”
Le long-métrage reposait en effet sur une combinaison particulièrement complexe de procédés. Personnages numériques, animation, effets visuels et capture de mouvement devaient cohabiter pour donner naissance au Pays des Merveilles imaginé par le réalisateur. Une méthode qui compliquait considérablement la possibilité de visualiser le résultat définitif pendant la production.
Cette particularité a même empêché le studio d’appliquer l’une des pratiques habituelles des grosses productions hollywoodiennes : organiser des projections tests suffisamment tôt pour recueillir les réactions du public et éventuellement procéder à des ajustements.
“ Vous savez, dans le Hollywood moderne, on teste un film avant de le sortir. Ici, ils n’ont pas pu le tester car il n’y avait rien avant la toute fin. C’était une espèce de puzzle bizarre car les yeux de telle personne étaient plus gros, cette personne était entièrement en animation, c’était à moitié de la motion capture, à moitié… ”
Pendant une grande partie de la postproduction, Alice au Pays des Merveilles n’existait donc pas véritablement sous une forme permettant de juger le résultat final.
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