Il y a 23 ans, cet acteur culte avait encore tant à offrir au cinéma, mais le destin en a décidé autrement
En 2003, la Chine a perdu l'une de ses icônes, vouée à devenir une des plus grandes stars mondiales. Retour sur le destin brisé d'un comédien magnétique et élégant, mais aussi écorché et mélancolique.
Parfois, le destin se révèle vraiment tragique pour certaines stars... Celle dont nous allons vous parler aujourd'hui aurait pu devenir un des plus grands monstres sacrés du 7ème art, mais il a été fauché en pleine gloire le soir du 1er avril 2003.
Né en 1956 à Hong Kong, Leslie Cheung se découvre très tôt un don pour la chanson, et se fait très vite un nom dans le milieu. Au début des années 80, il devient une star de la "cantopop", genre désignant la musique chinoise de Hong Kong.
Evidemment, Leslie ne tarde pas à s'attirer les faveurs du cinéma. Il débute sa carrière d'acteur au milieu des années 80, notamment sous la direction de John Woo dans Le Syndicat du crime 1 et 2, puis sous la houlette de Siu-Tung Ching dans Histoires de fantômes chinois 1 et 2.
En 1990, avec Nos années sauvages , il commence une fructueuse collaboration avec le mythique réalisateur Wong Kar-Wai . Les deux hommes travailleront à nouveau ensemble dans Les Cendres du temps en 1994 et Happy Together en 1997.
"Il était un peu en avance sur son époque et pouvait être à la fois moderne et classique" , disait de lui le cinéaste dans le livre WKW : The Cinema of Wong Kar-Wai.
Le légendaire Tsui Hark jette aussi son dévolu sur lui pour tourner Le Festin chinois en 1995. Deux ans auparavant, Leslie Cheung avait brillé dans le film culte Adieu ma concubine , mis en scène par Chen Kaige . Il s'agit du premier film chinois à recevoir la Palme d'or en 1993.
Leslie Cheung est nommé à deux reprises pour le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes, deux années consécutives : en 1996 pour Temptress Moon , réalisé par Chen Kaige, puis en 1997 pour Happy Together de Wong Kar-wai.
L’année suivante, en 1998, il devient membre du jury de la Berlinale, une distinction qui fait de lui la première personnalité chinoise à occuper cette fonction au sein du festival.
Avec une aisance rare, Leslie Cheung traversait les genres sans jamais s’y enfermer : romance, polar, wuxia, fantastique, comédie ou cinéma d’auteur. D’un rôle à l’autre, il se réinventait avec une grâce singulière, donnant à chacun de ses personnages une profondeur, une fragilité et une vérité qui semblaient lui appartenir.
Derrière chaque incarnation se révélait un acteur d’une sensibilité exceptionnelle, capable de faire affleurer l’émotion jusque dans les silences. Au début des années 2000, Leslie se consacre surtout à sa carrière musicale, mais ses démons vont finir par le perdre.
Le 1er avril 2003, la Chine s’apprête à vivre l’un des soirs les plus tragiques de son histoire culturelle. Leslie Cheung, 46 ans, figure immense du cinéma et de la chanson, se trouve à l'hôtel Mandarin Oriental, situé à Hong Kong.
Quelques heures plus tôt, il est arrivé seul dans l'établissement et s’est installé sur une terrasse donnant sur le port Victoria. Il commande une boisson, reste un moment à l’écart, puis demande du papier et un stylo.
À 18h41, Leslie Cheung se jette de la fenêtre du 24ème étage.
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