Défense. « Une étape importante » : la Finlande rejoint à son tour la dissuasion nucléaire « avancée » proposée par la France
La Finlande, qui partage 1 340 km de frontière avec la Russie et a rejoint l'Otan en 2023, est devenu le dixième pays européen à rejoindre l'initiative lancée par Emmanuel Macron en mars.
La Finlande, voisine de la Russie, a décidé de rejoindre la dissuasion nucléaire « avancée » proposée par la France, devenant le dixième partenaire européen à se joindre à l'initiative lancée en début d'année par Emmanuel Macron . Dans une déclaration conjointe publiée lundi, les deux pays annoncent qu'« un groupe de pilotage nucléaire sera établi dans les prochains mois pour commencer la mise en oeuvre de cette coopération ».
Alors que la France est le seul pays européen doté de l'arme atomique avec le Royaume-Uni, l'initiative de dissuasion « avancée » vise à associer d'autres Etats européens volontaires, notamment à travers des exercices et des consultations stratégiques, mais sans aucun partage de la décision ultime. « Cela signifie que nous diversifions notre défense et notre dissuasion », a déclaré le président finlandais Alexander Stubb lors d'une conférence de presse à Helsinki. « Si vous demandez quel est notre principal parapluie nucléaire, cela reste celui de l'Otan, et plus précisément celui des Etats-Unis. Cela apporte donc une valeur ajoutée à notre propre planification de défense », a-t-il expliqué.
La déclaration conjointe salue « une étape importante pour la sécurité européenne et pour la coopération bilatérale » qui « offrira des opportunités pour le signalement stratégique ainsi que pour la capacité à gérer l'escalade sous le seuil nucléaire ». « Aucune arme nucléaire ne sera stationnée en Finlande en temps de paix », a insisté Alexander Stubb. L'annonce a été faite dans le cadre d'un nouveau partenariat stratégique bilatéral signé à Helsinki par les ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Dans un discours prononcé début mars sur la base stratégique de l'Ile-Longue , près de Brest, le président français Emmanuel Macron a actualisé la doctrine de dissuasion nucléaire française. L'idée consiste à projeter la dissuasion française vers les alliés européens, notamment par des exercices conjoints et, potentiellement, des déploiements temporaires d'éléments des forces nucléaires françaises hors de France, tout en maintenant le contrôle national de l'arme. Huit pays avaient été d'emblée associés à cette nouvelle doctrine : le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège.
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