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Il est urgent de redresser la productivité en France : les pistes de Patrick Artus

L'Express ·
Il est urgent de redresser la productivité en France : les pistes de Patrick Artus

Depuis 2010, la productivité du travail - soit la valeur ajoutée créée par une personne au travail sur une temporalité définie - a progressé de 27 % aux États-Unis , contre seulement 13 % en France.

Plus frappant encore : alors que la productivité américaine a gagné 16 % depuis le Covid, la productivité française reste inférieure de 3 % à son niveau de début 2019.

Cette faible croissance, puis ce recul de la productivité du travail en France, a de multiples conséquences négatives : recul du pouvoir d'achat des salariés - le salaire réel, corrigé de l'inflation, a baissé de 2 % de 2019 à 2024 -, générant une intensification du conflit de répartition pour le partage des revenus entre salariés et entreprises ; faiblesse de la croissance du PIB (1,4 % en 2023, 1,1 % en 2024, 0,9 % en 2025) et difficultés permanentes pour réduire le déficit .

Les raisons d'un déclin Ce phénomène a différentes causes.

Conjoncturelles d'abord, avec le développement de l'apprentissage et la multiplication des entreprises "zombies", maintenues en vie par les aides publiques.

Le volume d'apprentis en France est passé de 306 000 (nombre d'entrées en formation) en 2017 à 847 000 en 2025.

Cette hausse a généré un recul mécanique de la productivité du travail, puisque les apprentis ont naturellement une productivité faible.

La réforme du financement de l'apprentissage de 2026, qui réduit notamment les aides pour les plus diplômés, devrait faire baisser leur nombre.

Un recul favorable à la productivité, mais au prix d'un accès plus difficile des jeunes au marché du travail.

Si les aides aux entreprises, en particulier les prêts garantis par l'État durant le Covid, ont permis de limiter les faillites (28 000 sur 12 mois à la fin de 2021, contre une moyenne de 59 000 de 2010 à 2019), celles qui auraient dû naturellement disparaître le font aujourd'hui.

Résultat, le niveau des faillites est en très forte hausse (65 000 fin 2025) et continue à progresser.

La disparition des entreprises fragiles, qui sont les moins efficaces, permet ainsi d'obtenir un redressement mécanique de la productivité.

Ces deux tendances - baisse des apprentis et hausse des faillites - expliquent le rebond de 1,5 % de la productivité depuis le début de 2024, mais ne conduiront pas à une reprise durable.

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