Ce qu’il faut savoir (et qu’on dit rarement) sur l’expatriation
L’expatriation est souvent présentée comme une fuite, face au coût de la vie ou à un climat politique pesant. C’est le cas de beaucoup d’articles consacrés aux Américains souhaitant quitter les États-Unis de Trump ou aux Allemands qui font face à l’inflation et à la pénurie de logements. Mais l’idée qu’en quittant son pays la vie s’arrange “comme par magie” est évidemment fallacieuse, et pourtant répandue, notamment sur les réseaux sociaux.
Dans le magazine allemand Focus, un entrepreneur, qui s’apprête lui-même à s’expatrier à Malte, rappelle qu’on s’expatrie aujourd’hui de façon plus réfléchie : “La question centrale a changé et n’est plus : ‘ Puis-je vivre à l’étranger ?’ , mais plutôt : ‘ Pourquoi pas ?’ ” Néanmoins, émigrer ne dispense pas d’une vraie préparation, fiscale et légale, sous peine de déconvenues. L’entrepreneur explique :
Il conseille donc d’avoir “un plan financier réaliste”, des informations sur le droit local, la fiscalité et les règles de résidence, une bonne couverture d’assurance-maladie, une étude des coûts “ainsi qu’un calendrier réaliste pour la transition”. “Précisément parce que cette décision a des conséquences importantes, elle ne doit être prise ni par frustration ni à la suite d’un enthousiasme spontané”, répète le chef d’entreprise.
Sur le site américain Business Insider , Shannon O’Brien, qui a vécu dans 12 pays, raconte la solitude qui accompagne la liberté tant vantée de l’expatriation : on ne se sent vraiment chez soi nulle part. En somme, partir a un prix qu’on sous-estime souvent.
Elle rappelle que chaque déménagement implique de “recommencer à zéro” sur le plan logistique aussi bien que social. Shannon O’Brien a conscience de ses privilèges et insiste sur le fait que ce mode de vie relève d’un choix personnel non contraint. Mais il est, et on le dit moins, “fait d’adieux sans fin. Des adieux lorsqu’on part pour un nouveau pays ou lorsque ceux avec qui l’on a tissé des liens décident de faire de même. Tout cela paraît poétique jusqu’à ce qu’on le vive – alors, ce n’est plus qu’une succession de pertes, avec en plus la culpabilité de savoir qu’on a fait ce choix.” Et parmi les choses les plus difficiles à vivre, en plus de l’épuisement et du manque des proches, est de toujours se sentir étranger, dans tous les lieux où on élit domicile, mais aussi dans son pays d’origine.
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