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Agression sexuelle à Clamart : un ex-entraîneur cycliste condamné à cinq ans de prison dont un ferme

Ouest-France ·
Agression sexuelle à Clamart : un ex-entraîneur cycliste condamné à cinq ans de prison dont un ferme

Fellation sur un mineur de 13 ans en 2009, messages obscènes à une dizaine d’autres : un ex-cadre du club de cyclisme de Clamart ( Hauts-de-Seine ), qui reconnaît les faits, a été condamné lundi 31 août 2026 à cinq ans de prison dont un ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre.

« De l’aveu même (du prévenu) , si ces faits n’avaient pas été révélés, il aurait probablement continué » , a souligné la procureure, qui avait requis deux ans de prison ferme, notant la « durée et la répétition des faits » .

William Bastit, 49 ans, qui était avant les faits vice-président de commission de la Fédération française de cyclisme et président du comité départemental du 92, a également été condamné à une interdiction définitive de toute activité avec des mineurs, avec injonction de soins.

L’enquête visant celui que plusieurs parents décrivent comme un « pilier » de la CSM Clamart Cyclisme 92, l’un des plus importants clubs d’Île-de-France, débute avec le signalement en 2024 d’un ancien membre, qui dénonce une agression sexuelle.

En octobre 2009, William Bastit, qui lui avait trouvé un stage et l’hébergeait pour une semaine alors que l’adolescent était âgé de 13 ans, lui montre un film pornographique, insiste pour le masturber, puis lui fait une fellation.

Alors que sa famille est très impliquée dans la vie du club de cyclisme, Yann (prénom modifié à sa demande) se sent « prisonnier, sans possibilité de prendre de la distance » , explique-t-il devant le tribunal correctionnel.

Désormais formateur sportif pour des mineurs, « je me positionne en tant que professionnel » mais également « pour l’enfant de 13 ans que j’étais » , explique-t-il. Durant l’audience, la présidente a montré une photo de Yann un an après les faits, en tenue de cycliste sur son vélo, visage imberbe et traits fins.

L’éducateur, qui a reconnu « avoir été pédophile » mais assure ne plus l’être depuis le début de l’enquête, dit avoir vu « la colère » de Yann, mais nie avoir compris lui avoir fait du mal.

La présidente lui a rappelé un message de l’adolescent, envoyé quelques années après les faits et alors que son frère rentrait au club, lui disant : « J’espère que tu vas pas recommencer tes conneries » .

William Bastit lui répond : « Rassure-toi pour eux, je veux pas les faire souffrir comme toi » .

Pourtant, jusqu’en 2024, il continue d’envoyer des messages à des adolescents leur parlant de leur sexualité et leur demandant des photos de leurs corps, de leurs sexes.

Quatorze noms étaient retenus par les enquêteurs, mais certains n’ont pas souhaité porter plainte et les débats ont souligné que les faits étaient prescrits pour d’autres.

« Il m’avait offert mon premier portable, mes parents ne voulaient pas. J’ai jamais pris de plaisir à lui répondre, j’étais gêné » , a témoigné l’un de ces adolescents, tandis que les parents de plusieurs victimes ont partagé leur sentiment de trahison.

« Je n’ai jamais joué l’amitié avec ces personnes, j’avais le vice d’envoyer ces messages, comme si j’étais deux personnes différentes » , a justifié le prévenu.

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