Hauts-de-Seine. « Il aurait probablement continué » : un ex-entraîneur cycliste condamné pour agression sexuelle
Un ancien entraîneur cycliste à Clamart (Hauts-de-Seine), âgé de 49 ans, a été condamné à cinq ans de prison, dont un an ferme, pour agression sexuelle.
Fellation sur un mineur de 13 ans en 2009, messages obscènes à une dizaine d'autres : un ex-cadre du club de cyclisme de Clamart (Hauts-de-Seine), qui reconnaît les faits, a été condamné lundi à cinq ans de prison dont un ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre. « De l'aveu même (du prévenu), si ces faits n'avaient pas été révélés, il aurait probablement continué », a souligné la procureure, qui avait requis deux ans de prison ferme, notant la « durée et la répétition des faits ».
William Bastit, 49 ans, qui était avant les faits vice-président de commission de la Fédération française de cyclisme et président du comité départemental du 92, a également été condamné à une interdiction définitive de toute activité avec des mineurs, avec injonction de soins.
L'enquête visant celui que plusieurs parents décrivent comme un « pilier » de la CSM Clamart Cyclisme 92, l'un des plus importants clubs d'Ile-de-France, débute avec le signalement en 2024 d'un ancien membre, qui dénonce une agression sexuelle. En octobre 2009, William Bastit, qui lui avait trouvé un stage et l'hébergeait pour une semaine alors que l'adolescent était âgé de 13 ans, lui montre un film pornographique, insiste pour le masturber, puis lui fait une fellation. Alors que sa famille est très impliquée dans la vie du club de cyclisme, Yann (prénom modifié à sa demande) se sent « prisonnier, sans possibilité de prendre de la distance », explique-t-il devant le tribunal correctionnel.
Désormais formateur sportif pour des mineurs, « je me positionne en tant que professionnel » mais également « pour l'enfant de 13 ans que j'étais », explique-t-il. Durant l'audience, la présidente a montré une photo de Yann un an après les faits, en tenue de cycliste sur son vélo, visage imberbe et traits fins. « C'est un pré-ado, presque un enfant », a-t-elle souligné.
L'éducateur, qui a reconnu « avoir été pédophile » mais assure ne plus l'être depuis le début de l'enquête, dit avoir vu « la colère » de Yann, mais nie avoir compris lui avoir fait du mal. La présidente lui a rappelé un message de l'adolescent, envoyé quelques années après les faits et alors que son frère rentrait au club, lui disant : « j'espère que tu vas pas recommencer tes conneries ». William Bastit lui répond: « Rassure-toi pour eux, je veux pas les faire souffrir comme toi ».
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