La médecine scolaire doit devenir une grande politique de santé publique : les propositions d'Antoine Flahault et David Smadja
Parce que la santé scolaire accompagne les enfants de toutes les classes sociales pendant une grande partie de leur développement, elle est le meilleur levier disponible pour contribuer à protéger leur santé physique et psychique, développer leur autonomie et faciliter leur accès aux soins quand ils en ont besoin.
Faire de la jeunesse une priorité pour la prévention en France appelle à donner à la santé scolaire les moyens de devenir le bras armé de la politique de santé publique de l’enfance.
La prévention et la santé scolaire s’articulent étroitement pour construire, dès l’enfance, un environnement qui favorise la meilleure santé possible.
La santé scolaire doit permettre à chaque enfant de grandir et d’apprendre dans de bonnes conditions.
Elle prend forme dans les conditions de vie et d’éducation, la qualité de l’alimentation, l’activité physique , le sommeil , les relations avec les autres, la sécurité affective et physique, l’habitat et l’environnement salubres et sûrs.
Elle se construit aussi par l’éducation à la santé : comprendre son corps, reconnaître ses besoins, apprendre à demander de l’aide et à apprécier la fiabilité d’une information.
Ces apprentissages ne peuvent cependant compenser, à eux seuls, un logement insalubre, une alimentation inaccessible ou une école où l’on subit des violences.
Les établissements scolaires offrent un lieu privilégié pour agir sur ces déterminants et atteindre des enfants que les dispositifs reposant sur une démarche des familles rejoignent moins facilement.
Il faut associer les élèves, les parents, les équipes éducatives, les collectivités et les professionnels de santé.
L’école de demain pourrait être un lieu où l’on ne reste pas assis sur sa chaise de longues heures durant la journée, mais où l’on bénéficie de bureaux assis-debout, où l’on apprend en marchant, où la cuisine avec les produits frais du marché font partie des apprentissages élémentaires et quotidiens.
Ce sont des principes de l’école promotrice de santé développé par l’Organisation mondiale de la santé et l'Unesco .
La prévention scolaire peut produire des bénéfices mesurables Cette ambition dispose de fondements scientifiques.
Dans la revue Cochrane , une étude de Langford et ses collègues, publiée en 2014, réunissait 67 essais randomisés portant sur des interventions à l’échelle de l’école.
Elle retrouve des bénéfices, généralement modestes, sur certains indicateurs d’activité physique, d’alimentation, de tabagisme et de harcèlement subi.
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