"Made in Vietnam" ou "Made in China" ? Comment Pékin déjoue les droits de douane de Donald Trump
Au milieu des milliers de conteneurs multicolores empilés dans le port de Laem Chabang, à 130 kilomètres au sud de Bangkok, les agents douaniers locaux ont mené fin juillet une opération d’envergure.
Quelque 5 millions de cigarettes et 200 000 ensembles de couteaux ont été saisis, pour une valeur totale de 3 millions de dollars.
Le problème ? Ils étaient importés de Chine mais indûment étiquetés "Made in Thailand".
Un incident loin d’être isolé : entre octobre 2025 et juillet 2026, les autorités portuaires de Laem Chabang ont répertorié 41 cas analogues de falsification d’origine .
Ces contrôles scrupuleux ne doivent rien au hasard.
En novembre 2025, après avoir signé un accord-cadre avec Washington, le Royaume a annoncé un vaste plan pour mieux vérifier la provenance des produits exportés depuis son territoire vers les Etats-Unis.
Il n’est d’ailleurs pas seul : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Vietnam et la Malaisie ont eux aussi durci l'attribution des certificats d’origine.
Ecart statistique troublant Malgré leurs efforts pour montrer patte blanche, ces trois pays ont été épinglés, aux côtés d’une quarantaine d’autres, dans un rapport du département du commerce de la Maison-Blanche publié fin août.
Intitulé "la grande escroquerie du transbordement" et illustré par un cheval de Troie composé de conteneurs, ce document chiffre à une fourchette de 19 à 26 milliards de dollars par an les recettes douanières américaines perdues en raison du réacheminement de marchandises via des pays tiers.
D'emblée, le coupable est désigné : "la Chine constitue l'exemple historique le plus marquant de ce type de comportement", souligne le rapport.
Si la Cour suprême a annulé, en février dernier, les droits de douane du 2 avril 2025, elle était encore frappée de taxes à 24 % à destination des Etats-Unis en août, selon le Penn Wharton Budget Model.
Ce qui ne l'a pas empêché d'afficher un niveau global d'exportations robustes sur les neuf premiers mois de l'année.
Mais début octobre, le Peterson Institute for International Economics a mis en lumière un curieux paradoxe : Pékin déclare exporter vers l'Amérique davantage de marchandises, en valeur, que celle-ci affirme en importer.
Un écart aujourd’hui cinq fois supérieur à sa moyenne sur 2021-2024.
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