Iran : comment les radicaux du régime ont fait dérailler l’accord avec les Etats-Unis
L’accord de paix conclu en juillet entre l’Iran et les Etats-Unis devait permettre de mettre fin à la guerre et d’alléger la pression économique qui pèse sur Téhéran.
Il n’aura duré que quelques semaines.
Et ce en raison, rapporte le New York Times ( NYT ) dans une enquête, d’une frange particulièrement radicale du régime iranien, qui a pesé de tout son poids pour saboter les négociations.
Si le président Massoud Pezeshkian et d’autres responsables pragmatiques défendaient la voie diplomatique, au sein du régime, une faction radicale s’est dressée vent debout contre ce qu’elle considérait être de trop grandes concessions accordées à Washington .
Jusqu’à parvenir à faire dérailler l’accord début juillet lorsque, alors que Massoud Pezeshkian se trouvait en Irak pour les funérailles de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, les forces iraniennes ont attaqué trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, incendiant un méthanier qatari et endommageant deux autres bâtiments.
L’attaque qui a échappé au pouvoir iranien Contrairement à son habitude, le quartier général des Gardiens de la révolution n’avait d’ailleurs pas revendiqué l’attaque du 7 juillet.
Selon cinq responsables iraniens et deux membres des Gardiens de la révolution cités par le New York Times , Massoud Pezeshkian, informé de l’attaque, avait appelé dans la foulée le chef des Pasdaran Ahmad Vahidi, pour dénoncer cette action qu’il jugeait irresponsable.
Ce dernier lui aurait alors assuré n’avoir pas autorisé ni eu connaissance de cette attaque.
Les commandants présents sur le terrain, lui a-t-on rapporté par la suite, auraient agi de leur propre initiative, exécutant un ordre les autorisant à attaquer tout navire violant le contrôle iranien du détroit sans attendre l’autorisation du commandement central.
C’est cette version qui avait alors été présentée, dans les heures qui avaient suivi l’attaque, aux Etats-Unis et à leurs alliés régionaux, tandis que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi était envoyé à Oman pour tenter de limiter la crise.
Mais dès le lendemain matin, les Etats-Unis avaient riposté par des frappes aériennes : les deux pays étaient de nouveau en guerre.
Les confrontations "les plus violentes" observées au sein du régime Les investigations menées depuis par le gouvernement et les forces de sécurité ont finalement attribué la décision de l’attaque, toujours selon les informations données par les responsables iraniens au NYT , au religieux Hossein Taeb.
Influent ancien responsable des services de renseignement des Gardiens de la révolution, il était opposé depuis le début à l’accord avec Washington.
Il aurait alors convaincu le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, que l’Iran avait commis une erreur en mettant fin à la guerre.
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