Cette mystérieuse cyberattaque qui plonge le havre fiscal du Liechtenstein dans la tourmente
La petite principauté du Liechtenstein est confrontée à la pire épreuve de son histoire tricentenaire : la cyberattaque dont elle a été victime au cœur de l’été met en péril sa réputation de havre financier pour les super riches.
Révélée début août, l’incursion informatique a permis à des hackers non identifiés de dérober les identités réelles de dizaines de milliers de personnes ayant placé leur fortune dans des établissements locaux de manière anonyme, sous couvert de fondations ou de fiduciaires.
La fête nationale du mini-État montagneux pris en sandwich entre la Suisse et l’Autriche, qui ne compte qu’à peine plus de 40 000 habitants, s’est pourtant déroulée le 15 août comme si de rien n’était dans la capitale, Vaduz.
Depuis le château médiéval qui surplombe la vallée, la maison princière a même saisi l’occasion pour annoncer une petite révolution dans la succession au trône, qui sera désormais ouverte aux femmes.
L’abolition de la primogéniture masculine n’aura pas d’impact à court terme puisque après le prince régnant Hans Adam II, non seulement le prince héritier Aloïs mais aussi le fils aîné de celui-ci, Wenzel, sont des mâles.
La cyberattaque, en revanche, risque d’avoir des conséquences beaucoup plus immédiates.
Pour une place financière comme le Liechtenstein, qui attire les capitaux privés en quête de fiscalité douce, la confidentialité des données des clients est le bien le plus précieux.
De nombreux Européens aisés y font gérer leur fortune et la transmettent à la génération suivante par le biais de fondations privées.
Ils doivent constater aujourd’hui que même au Liechtenstein, l’anonymat absolu est devenu un mythe à l’ère numérique.
Selon un communiqué du gouvernement local , les pirates informatiques ont accédé pendant plusieurs heures, dans la nuit du 30 juillet, au registre central des ayants droit économiques.
Ils ont pu télécharger les noms, dates de naissance, nationalités et lieux de résidence des personnes qui contrôlent réellement quelque 31 000 sociétés, fondations et fiduciaires qui sont enregistrées dans la principauté.
Qui sont les agresseurs ? Potentiellement, environ 100 000 personnes physiques seraient concernées.
Le registre ciblé, mis en place par le Liechtenstein en 2021 sous la pression de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), vise à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Mais ses données ne sont pas censées être publiques.
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