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Face au trop-plein d’outils numériques au travail, faut-il en revenir à la voix ?

L'Express ·
Face au trop-plein d’outils numériques au travail, faut-il en revenir à la voix ?

Par quel moyen communiquer avec son interlocuteur au travail ? Le petit mot sur papier qu’un collaborateur glisse à un dirigeant en pleine réunion ou le post-it collé sur un écran pour ne pas oublier une tâche essentielle sont toujours d’actualité.

Pour le reste, les échanges sont désormais numériques : mails, SMS, messageries internes et parallèles, réseaux sociaux, Teams… Trop de choix tue l’efficacité Agile et pratique côté pile, cette profusion d’outils se révèle, côté face, chronophage : 56 % des employés français déclarent perdre du temps à alterner entre sept canaux de communication différents en moyenne, tandis que 43 % disent passer à côté de certains messages, dispersés sur différents supports ("L’état des lieux des communications en entreprise à l’ère de l’IA", Mitel/ Vanson Bourne, 2026).

Or, au travail, contacter son interlocuteur et pouvoir être contacté est primordial.

Un paradoxe se dessine donc : ces canaux sont devenus indispensables aux entreprises sans pour autant convaincre ceux qui les utilisent.

Ainsi, selon cette même étude, alors que 93 % des décideurs IT considèrent les outils de communication comme essentiels au bon fonctionnement de l'entreprise, seuls 22 % des travailleurs les jugent réellement efficaces pour leur travail.

Faut-il y voir un problème de "transformation digitale" ? Non, répond Christophe Chamy, vice-président Europe du Sud chez Mitel, fournisseur mondial de solutions de communication : "Nous sommes déjà dans une maturité digitale." Le problème est ailleurs : dans la surabondance des outils.

Trop de choix tue l’efficacité.

Inhibe.

Disperse.

Faut-il utiliser le mail ou WhatsApp ? A quelle fréquence ? À cette dispersion s’ajoutent l’infobésité et la charge mentale qu’elle génère : 32 % des employés reçoivent entre 100 et 250 emails par semaine, tandis que 61 % des dirigeants en reçoivent plus de 250.

La connexion se prolonge aussi au-delà des horaires de travail : 8 % des managers se reconnectent plus de 100 soirs par an, une proportion qui atteint 32 % chez les dirigeants.

En dépit de cette hyperconnectivité , 78 % des salariés n’utilisent pas les groupes collaboratifs ("Infobésité et collaboration numérique", référentiel 2026, Mailoop pour OICN).

Autre difficulté : ces canaux répondent souvent mal aux réalités du terrain.

Un problème d'autant plus important que plus de 4 milliards de personnes dans le monde, soit huit travailleurs sur dix, exercent un métier de première ligne, rappelle Christophe Chamy.

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