"Il ne faut pas toucher aux retraités": Thierry Breton, ancien ministre de l'Économie, vent debout contre une contribution plus forte des retraités les plus aisés
La simple proposition d'ouverture de débat, encore loin d'une proposition concrète, sur la contribution des retraités secoue déjà le débat public. Interrogé par Libération ce vendredi, Roland Lescure a estimé que "la question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement (...) mérite d'être posée."
Le ministre de l'Économie donnait en exemple une "indexation plus modérée de leurs pensions". Comprendre par là une revalorisation des pensions qui resterait à un niveau inférieur à celui de l'inflation, contrairement à ce que la loi prévoit.
L'évocation de ce serpent de mer a trouvé moins d'écho auprès de Jean-Pierre Farandou. Le ministre du Travail a assuré que "rien n'est décidé à ce stade" mais a concédé qu'il "faudra faire des efforts". Et le sujet a également été largement critiqué par Thierry Breton, sur l'antenne de BFMTV, ce dimanche 16 août.
Selon lui, cette proposition toucherait trop de retraités. Il s'appuie notamment sur la pension moyenne d'un retraité français, autour de 1.550 euros . "Un couple qui aurait travaillé toute sa vie, avec une retraite moyenne, serait considéré au-dessus de 3.000 euros et serait taxé", s'est insurgé l'ancien commissaire européen.
Dans son interview, Roland Lescure avait pourtant assuré vouloir "préserver les retraités les plus modestes". D'importantes disparités touchent effectivement les pensions de retraite, en fonction des carrières, des temps d'arrêt et même du genre - les pensions des femmes sont inférieures de 40% par rapport à celle des hommes.
L'institut officiel de la statistique Insee et la Drees estimaient d'ailleurs en 2025 que le niveau de vie médian des ménages de retraités s'établissait entre 2.030 et 2.300 euros par mois. Loin du fameux seuil des 3.000 euros donc.
Faut-il un fonds souverain pour financer les retraites en France? 2:33 Le débat, qui risque de durer jusqu'à l'établissement d'un budget pour 2027, promet déjà d'être tendu. Ne pas revaloriser les retraites pourrait effectivement être un pari politique très risqué, encore plus à un an de l'élection présidentielle.
Les deux derniers gouvernements ayant tenté de toucher aux retraites ont été renversés. François Bayrou n'y a pas résisté avec son "année blanche", qui voulait geler les pensions, tout comme Michel Barnier, qui souhaitait un report de six mois de la revalorisation des retraites. La donne va peut-être changer pour ces nouveaux débats, alors que le gouvernement entend réduire le déficit public et qu'une partie de la gauche pourrait adhérer à cette mesure.
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