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« Tant que la santé me le permet, je continue ! » Ces retraités travaillent et racontent pourquoi

Ouest-France ·
« Tant que la santé me le permet, je continue ! » Ces retraités travaillent et racontent pourquoi

« Au début, tout allait bien. Mais comme je vis seul, au bout d’un moment, on tourne en rond… » Didier, âgé de 64 ans, a été mis en pré-retraite en 2016. Et pour cet ancien salarié du secteur automobile qui a accepté de témoigner (1) pour l’édition du soir , reprendre une activité professionnelle s’est vite imposé comme une évidence : « En 2017, j’ai recommencé à travailler… J’avais repéré une petite annonce sur Leboncoin, et depuis, avec mon neuf places, j’accompagne jusqu’à leur école spécialisée des enfants qui ont des problèmes cognitifs. » Depuis deux ans, ce Breton emmène aussi, plusieurs fois par semaine, des personnes âgées depuis chez elles, jusqu’à un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) : « Je ne travaille pas beaucoup, en définitive. Une heure et demie le matin, une heure et demie le soir. Mais si vous voulez, ça vous donne un objectif, le matin, quand vous vous levez, partage le retraité. Et je vois du monde, ça maintient le lien social. »

Didier s’estime « reparti pour deux ans » - ensuite, « on verra. Il faut passer une visite médicale, tous les deux ans… Mais j’ai des collègues qui ont plus de 70 ans ! »

Effectivement, ce retraité travailleur n’est pas un cas isolé. D’après un rapport de la Cour des comptes publié en 2025 et relayé par l’Ifrap , la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, 710 000 retraités cumulaient emploi et retraite en 2020, soit 4, 6 % des retraités français. Selon la fondation Ifrap, en 2020, les retraités du régime général cumulant une activité professionnelle et leur pension percevaient, en moyenne, 20 % de plus que l’ensemble des retraités.

Lire aussi : Budget 2027 : le ministre du Travail favorable à un « effort des retraités » mais pas à la « désindexation »

Disposer d’un revenu complémentaire est d’ailleurs souvent l’une des raisons qui incitent à la reprise d’emploi, en attestent les témoignages collectés, en ligne, par l’édition du soir. À l’image de celui de cet habitant du Maine-et-Loire, retraité, depuis 2023, après une longue carrière commencée à 14 ans.

Aujourd’hui, lui aussi, âgé de 64 ans et fort de quarante-trois années de cotisations, il explique néanmoins : « J’ai repris une activité, un an après ma retraite, comme porteur funéraire. Le métier me plaît, mais je le fais par nécessité. » En cause, notamment, un emprunt immobilier à rembourser « qui ne finira qu’à mes 70 ans, sauf si je gagne au loto ! »

Une retraitée résidant dans le Lot-et-Garonne, abonde : « Je suis à la retraite depuis maintenant trois ans et je suis dans l’obligation de retravailler depuis un an… » Et d’élucider : « J’ai été contrainte de placer mon mari en maison de retraite, ce qui fait que ma pension de retraite n’est pas suffisante pour payer mon loyer et toutes les charges qui vont avec… »

En Saône-et-Loire, Catherine dresse le même constat : « Je me suis rendu compte que ma retraite ne suffisait pas à boucler mes fins de mois… Entre loyer, factures mensuelles et courses, [il ne reste] plus grand-chose pour les loisirs… » Cette retraitée a trouvé une activité rémunérée dans un Ehpad et apprécie de déterminer, elle-même, son planning.

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