Publications scientifiques : face à la Chine et l’Inde, le grand décrochage de la France
"La recherche mondiale [est] engagée dans un processus de globalisation susceptible de bousculer des hiérarchies séculaires en quelques décennies seulement", pointe le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres) dans son dernier rapport sur la place de la France dans la compétition scientifique globale.
Un euphémisme, tant la place de notre pays s'est dégradée au cours des vingt dernières années.
Autrefois située parmi les principaux pays producteurs de publications scientifiques, tant en volume (sixième rang mondial en 2005) qu'en nombre de citations (cinquième rang mondial), la France s'est fait largement devancer aujourd'hui (onzième et dixième rangs respectivement), notamment par la Chine et par l'Inde.
Sur la même période en effet, New Delhi a doublé sa part dans le volume de production global, jusqu'à se hisser sur la troisième marche du podium tandis que Pékin a quadruplé la sienne, devançant même les Etats-Unis.
Surtout, la Chine a fait des progrès considérables en termes d'excellence académique puisque plus d'un tiers des 10 % des publications les plus citées émane d'elle.
En termes de reprises totales, les Etats-Unis restent toujours à la pointe avec près d'un quart des citations mondiales, mais ils ne produisent plus que 14 % des publications scientifiques mondiales, toutes disciplines confondues.
La France décroche dans la compétition scientifique internationale.
Ce recul de l'Occident est visible dans plusieurs pays européens, mais la France est le pays qui décroche le plus nettement.
Pour les analystes du Hcéres, la "perte d’audience de la science française, très remarquée dans la période post Covid-19 est le fruit d’un fléchissement de sa production scientifique datant des années 2011-2012" avec une baisse notable des productions dans le domaine des "sciences physiques et de l’ingénieur".
Les autres domaines ne sont pas en reste, puisque le Haut Conseil détecte également une baisse des productions plus ancienne mais moins aiguë dans les "sciences du vivant" et dans les "sciences humaines et sociales".
La position de la France est en recul "quels que soient les indicateurs retenus et les dimensions de l’activité scientifique considérées", synthétise-t-il, en appelant les pouvoirs publics à identifier les causes profondes de ce décrochage pour y remédier.
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