François Provost, le très secret patron de Renault : sa méthode face au rouleau compresseur chinois
François Provost aime le clair-obscur.
Cet entre-deux où l'ombre est un refuge.
Le directeur général de Renault Group goûte peu les paillettes et l'exposition médiatique.
Arrivé il y a un peu plus d'un an aux commandes, il cultive la discrétion et fuit les grands-messes patronales.
Silhouette longiligne, regard acier qui calcule, soupèse, découpe son interlocuteur.
Le sourire affable ; la roideur du grand patron coulée dans le moule de la haute fonction publique.
Polytechnique , corps des Mines, une poignée d'années à la direction du Trésor puis au ministère de la Défense.
Tout cela forge une discipline que les 24 années passées chez Renault n'ont pas réussi à gommer.
Le 30 juillet, il n'a pas fêté son premier anniversaire à la tête de l'entreprise.
Y a-t-il seulement songé ? Les mois filent, il faut aller vite, pour survivre.
Gagner en agilité pour ne pas se faire manger par les géants chinois aux appétits dévorants.
Cette année, il l'a passée à imprimer sa marque, à consoler les orphelins de Luca de Meo , parti précipitamment redresser Kering, à modeler sa garde rapprochée.
Et surtout, à dérouler son plan.
Faire le tri dans les projets de son prédécesseur, sauter d'un continent à l'autre - Corée, Brésil, Inde -, consolider son partenariat avec le chinois Geely .
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