A Lyon, l’école des Chartreux dans la tourmente après la plainte pour viols contre l’ex-directeur
La jeune fille est bonne élève, toujours en tête de sa classe, profil de matheuse, bonne en sciences, aussi quand elle rejoint en septembre 2025 le prestigieux établissement privé lyonnais, les Chartreux, ses bâtiments élégants sur le plateau de Croix-Rousse, son histoire bicentenaire et ses 4 000 élèves, tout paraît concourir à l’accomplissement d’un excellent parcours.
Ses parents, qui n’habitent pas Lyon, lui louent un studio en ville, ils lui font confiance, elle est sérieuse.
En octobre, soirée organisée par des élèves, ça danse, ça boit, ça se bouscule.
Soudain, après un verre poisseux, la tête lui tourne, elle annonce partir, se sentir mal, un camarade propose de l’accompagner.
Sur le chemin, il la viole.
Le lendemain, elle dépose plainte au commissariat de police.
Etrangement, le père Jean-Bernard Plessy, 63 ans, directeur des Chartreux depuis 27 ans, est informé de la plainte.
Il convoque l’élève encore mineure et se montre paternel à son endroit, lui confiant son numéro de portable, lui précisant que c’est un geste rare de sa part, une marque de grande confiance, un privilège, et dans les semaines qui suivent, il prend en effet régulièrement de ses nouvelles.
En novembre, la jeune fille atteint sa majorité.
D’après son avocate Nadia Debbache, c’est alors que le prêtre se serait montré de plus en plus pressant, tactile même.
Le premier viol aurait eu lieu en février 2026, et selon son avocate toujours, il y en aurait eu beaucoup d’autres dans les mois qui suivent, jusqu’à plusieurs fois par semaine.
Des viols et des centaines de textos, de mails, une correspondance constante, pressante, enveloppante à laquelle la tout juste majeure répond, partagée entre le sentiment troublant d’être l’élue de cette figure d’autorité, de ce directeur à la si grande prestance, puis peu à peu envahie par celui de confusion, de malaise, au point de contacter par téléphone anonymement le Fil Santé Jeunes et SOS Amitiés.
Des appels à l’aide, puis de nouveau elle se terre, se tait.
Il n’y a qu’à son journal intime qu’elle confie au quotidien la drôle de "relation" qu’elle subit avec le directeur de son établissement scolaire.
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