Blocage du détroit d'Ormuz : comment la Syrie veut devenir le nouveau corridor pétrolier du Moyen-Orient
Le blocage du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz , provoqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran , ouvre une fenêtre d’opportunité inattendue pour la Syrie .
Alors que cette voie stratégique pour le commerce mondial est devenue difficilement praticable, Damas entend profiter de la recherche d’itinéraires alternatifs pour le transport du pétrole et se positionner comme un corridor énergétique entre le Golfe et la Méditerranée.
Sur les routes désertiques reliant le sud de l’Irak à la côte syrienne, cette nouvelle réalité est déjà visible.
"Jour et nuit, 5 000 camions imposants transportant du pétrole en provenance du golfe Persique sillonnent ce désert aride", rapporte le Washington Post , décrivant une immense caravane se dirigeant vers la Méditerranée.
Ces camions-citernes ont commencé à relier les raffineries du sud de l’Irak au port syrien de Baniyas en avril.
À l’origine, l’initiative venait d’exportateurs irakiens qui cherchaient à contourner Ormuz après l’interruption du trafic maritime.
Mais cette solution provisoire pourrait préfigurer une transformation plus ambitieuse.
Soutenu par les pays du Golfe, la Turquie et Washington, le président syrien Ahmed al-Sharaa cherche à exploiter la position géographique de son pays pour en faire une plaque tournante régionale et sortir la Syrie de son isolement après quatorze années de guerre civile.
Plus de dix-huit mois après la chute de Bachar el-Assad , Damas veut notamment tirer parti de la levée des sanctions internationales et des bouleversements provoqués par la guerre.
Un ouvrage qui pourrait rendre le détroit d'Ormuz "négligeable" L’administration de Donald Trump a choisi de miser sur cette stratégie.
En juillet, la Maison Blanche a annoncé son soutien à un projet d’oléoduc piloté par Chevron, qui acheminerait jusqu’à 2 millions de barils de pétrole brut par jour depuis Bassora, dans le sud de l’Irak, jusqu’à Baniyas, en suivant le tracé emprunté aujourd’hui par les camions.
Lors de la présentation du projet, en présence de responsables syriens et irakiens, l’envoyé spécial de Donald Trump, Tom Barrack, a estimé que l’ouvrage pourrait rendre le détroit d’Ormuz "négligeable".
Le président américain a lui-même salué sur Truth Social la perspective de voir la Syrie servir d’alternative à Ormuz, jugeant cette évolution "formidable".
Le projet reste toutefois de longue haleine.
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