Ce que le Soleil nous cache quand il brille trop fort, et que l’éclipse a révélé
L’éclipse du 12 août 2026 fut riche en observations donnant lieu à de belles photos prises depuis le sol , ou même à d’autres venant de la Station spatiale internationale . Mais au-delà de cela, elle fut également l’occasion d’observer un phénomène avec une netteté surprenante : une protubérance solaire .
Sur cette vidéo signée Numerama notamment, on peut voir au bout de quelques secondes ce qui ressemble à un gros jet de plasma rougeâtre sur la partie gauche de l’astre lorsque la Lune passe devant le Soleil. En zoomant, il y a peu de place au doute, et on peut clairement voir une sorte d’éruption sortir du Soleil.
D’autres institutions en ont également été témoins. C’est le cas par exemple de l’Institut d’astrophysique des Canaries qui, à l’aide d’un télescope depuis Palencia, a pu voir le même phénomène, comme on peut l’observer sur cette vidéo à partir de la 37e minute.
Ces protubérances ne sont pas rares à la surface du Soleil. Il s’agit de plasma composé essentiellement d’hydrogène et d’hélium confiné par les champs magnétiques complexes générés sous la surface du Soleil.
Plus en détail, les champs magnétiques du Soleil font apparaître des zones plus froides que le reste et renfermant une activité intense. Ce sont des taches solaires qui apparaissent par paires de chaque côté de la boucle magnétique. Entre les deux, un filament de plasma les relie : il s’agit de la protubérance solaire.
Ces protubérances sont donc de grandes arches relativement froides, soit environ 10 000 kelvins (contre 1 à 3 millions environ pour la couronne solaire). Elles peuvent mesurer plusieurs centaines de milliers de kilomètres de longueur et rester en place au sein du plasma de la couronne pendant plusieurs jours.
En revanche, elles sont assez ardues à observer en temps normal puisque la lumière du Soleil est telle qu’il est difficile de voir les nuances à la surface. Pendant longtemps, les éclipses étaient les seuls moments où les scientifiques pouvaient les découvrir à l’œil nu, ce qui a d’ailleurs pu être testé dès le XIXe siècle, lorsque les astronomes ont pu identifier la couronne solaire durant les éclipses . En 1868, des astronomes français et britanniques ont ainsi profité de l’éclipse pour noter déjà ces observations.
Cela dit, depuis cette époque, d’autres moyens ont pu être utilisés pour analyser les protubérances solaires sans attendre une éclipse. Certains télescopes peuvent ainsi être équipés de coronographes, des sortes de caches adaptés pour masquer le disque solaire et pouvoir ainsi admirer ce qu’il y a autour.
Des télescopes spatiaux, comme SoHO , se sont aussi intéressés à la couronne solaire et aux différents phénomènes qui s’y produisaient. C’est là aussi grâce à des coronographes qui pouvaient occulter la plus grande partie de la lumière du Soleil pour ne garder que ce qui y était considéré comme intéressant.
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