Affaire Sonia Bellina: les travailleuses du sexe sont-elles suffisamment protégées par la loi?
Le mercredi 12 août dernier, le corps de Sonia Bellina a été découvert totalement dévêtu et en partie calciné au milieu des vignes dans le Gard. Un homme avec qui elle aurait eu des relations tarifées, dans le cadre de sa profession d'escort-girl, a été arrêté et mis en examen. Si, pour le moment, aucun lien entre son activité de travailleuse du sexe et sa mort n'est établi, plusieurs voix s'élèvent pour que le législateur revoie son arsenal juridique afin de mieux protéger ces métiers. Les travailleuses du sexe sont-elles assez protégées par la loi? Le destin tragique de Sonia Bellina remet cette épineuse question sur la table. Le mercredi 12 août dernier, le corps de cette femme de 29 ans, connue sur les réseaux sociaux pour des vidéos dans lesquelles elle se mettait en scène, a été découvert totalement dévêtu et en partie calciné entre des rangs de vignes dans le Gard.
Peu de temps après la macabre découverte, un homme de 32 ans a été interpellé et mis en examen pour "assassinat". Face aux enquêteurs, il avait reconnu avoir eu une relation avec la victime la veille et la nuit des faits, sans dire un mot de plus. Selon la procureure de la République de Nîmes, l'homme serait le dernier contact de la jeune femme qu'il aurait rencontrée dans le cadre d'une "rencontre en qualité d'escort-girl sur rendez-vous". À ce stade des investigations, selon la magistrate, rien n'établissait de relations autres que tarifées entre eux.
[INÉDIT] Affaire Sonia Bellina: face aux violences, les travailleuses du sexe sont-elles suffisamment protégées? 13:48 Si l'enquête doit encore éclairer certaines zones d'ombre, notamment afin de savoir si la victime a été tuée dans le cadre de son activité d'escort-girl, plusieurs voix estiment que cette affaire démontre les manquements en termes de protection des professions du sexe. Dans une tribune publiée dans Blast , Romain Ruiz, avocat pénaliste au barreau de Paris, dénonce ainsi les angles morts de la justice, notamment sur les circonstances aggravantes.
Dans ses articles 222-3, 222-8, 222-10, 222-12, 222-13, 222-24 et 222-28, le Code pénal prévoit une circonstance aggravante lorsque certaines violences, une agression sexuelle ou un viol sont commis "sur une personne qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, si les faits sont commis dans l'exercice de cette activité".
Cette circonstance aggravante ne prend donc pas en compte le meurtre ou l'assassinat. Pour ces deux cas, le Code prévoit une circonstance aggravante liée à "l'état de vulnérabilité " de la victime.
"La difficulté c'est que c'est réducteur à deux titres. La première c'est que la plupart des travailleuses du sexe ne sont pas vulnérables, ce sont des femmes qui travaillent, qui ont des auto-entreprises, qui sont influenceuses sur les réseaux, qui sont modèles, qui sont actrices, qui sont dans tous ces nouveaux métiers du sexe, et qui n'ont rien à voir avec la prostitution", souligne auprès de BFM Me Romain Ruiz.
Pour les professionnelles du secteur, le contexte législatif est depuis longtemps un problème pour la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.