"L’anglais d’un commercial n’est pas celui d’un ingénieur" : à l’ère de l’IA, apprendre une langue ne va plus de soi
Il faut un peu plus d’une demi-année, soit environ 30 semaines, à raison de 23 heures de cours et 17 heures d’auto-étude hebdomadaire, pour qu'un Américain atteigne un niveau professionnel dans la langue de Molière.
Il lui en faut un peu moins pour le danois ou l’italien (à peu près 24 semaines), mais davantage pour l’allemand (36 semaines), et encore plus pour le polonais (44 semaines).
Quant aux anglophones natifs qui veulent se mettre au japonais, au chinois ou au coréen, il faut compter 88 semaines, indique le site officiel du Département d’Etat .
Côté européen, lorsqu'on veut mesurer sa maîtrise d'une langue, il existe l’EF SET, un test d'anglais standard qui mesure avec précision le niveau de compétence.
Et quel candidat n’a jamais indiqué sur son CV son score au TOEFL ou au TOEIC ? Sauf que l’intelligence artificielle est arrivée, et qu’elle atteint maintenant un niveau que bien des "non-natifs" n’atteindront qu’au prix d’un apprentissage chronophage.
Faut-il pour autant tout arrêter et s'en remettre exclusivement à l'IA ? Certes, l'arrivée de cette nouvelle technologie a complètement changé notre rapport aux langues puisque avec un logiciel gratuit, on peut désormais échanger avec n’importe qui, n’importe où dans le monde.
"J’avoue qu’il y a deux ans, j'ai perçu l’arrivée massive de l’IA comme une menace.
Mais en réalité, nous avons augmenté notre business", confie Guillaume Le Dieu de Ville, cofondateur de Lingueo et directeur académique du MCS X-HEC Entrepreneurs.
En effet, selon lui, l’IA est un excellent outil pour écrire un mail ou traduire un texte afin d’en comprendre le sens.
Mais il en est convaincu : jamais une IA ne parlera affaires de la même façon que deux personnes qui se voient et discutent en se comprenant, en parlant le même langage.
Cette capacité à incarner une marque ou un produit ne peut, selon Guillaume Le Dieu de Ville, passer que par l'humain.
"Ne pas chercher à parler comme un natif" Mais jusqu'où faut-il maîtriser une langue ? "Il ne faut pas confondre la perfection avec l’autonomie, et accepter la fin du perfectionnisme, ne pas chercher à parler comme un natif, mais se professionnaliser dans la langue", poursuit-il.
L’expert estime que chaque métier possède ses propres enjeux et caractéristiques.
Dans un parc de loisirs par exemple, les hôtesses à la caisse n’ont pas les mêmes besoins linguistiques que les employés de la restauration, de l’hôtellerie ou ceux qui animent les allées du parc.
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