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Interview. « J’en ai assez des zombies » : Ridley Scott se confie sur The Dog Stars, son film post-apocalyptique

Le Progrès ·
Interview. « J’en ai assez des zombies » : Ridley Scott se confie sur The Dog Stars, son film post-apocalyptique

L’adaptation du livre de Peter Heller, La Constellation du chien , sur le deuil d’une vie passée, la survie et la quête d’une vie nouvelle, sort en salles ce mercredi. Un récit post-apocalyptique par Ridley Scott, 88 ans, auteur d’un cinéma conscient de l’époque. Entretien avec le cinéaste.

« Absolument. Si nous ne traitons pas le problème du réchauffement climatique , il finira par nous rattraper - peu importe votre île privée, votre jet ou la montagne où vous vous réfugiez. C’est pour cela que situer l’action vers 2035 crée une urgence immédiate : c’est demain matin. Le réchauffement climatique est un enjeu au moins aussi critique que nos plus grandes crises politiques ou religieuses, mais c’est la seule variable qu’on ne peut pas contrôler facilement. Les gouvernements se réunissent, font des sommets et promettent d’être neutres en carbone mais les paroles ne suffisent plus. Il faut agir maintenant. Je me soucie profondément du monde que nous allons laisser aux enfants de mes enfants. »

« J’en ai assez des histoires de zombies, on a rincé le sujet jusqu’à la corde, c’est d’un ennui mortel ! De temps en temps, bien sûr, il y a un très bon film qui surnage, et sait traiter le sujet de manière brillante et très sombre. Mais moi, j’en ai marre. Je suis un enfant de la guerre, mon environnement initial était intrinsèquement apocalyptique. La génération actuelle fait face à une autre série d’angoisses : une précarité économique massive, l’incertitude du lendemain, la peur de voir son métier disparaître d’ici peu. Mon rôle de cinéaste est d’essayer d’injecter de l’optimisme. La positivité est essentielle, c’est la mentalité d’un athlète. On s’entraîne pour gagner, pas pour perdre. Cette disposition psychologique est capitale pour raconter une histoire de survie. »

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« Quand vous concevez un film comme celui-ci , vous vous demandez : que doit-on montrer, et que doit-on éviter ? Si la société atteint un point de rupture, les infrastructures s’effondrent et les gens meurent. Mais il y aura toujours des survivants, et la société humaine redeviendra tribale en un éclair. Vous repassez au Moyen Âge en deux ans parce que vous n’avez plus de munitions, et soudain, vous voilà revenus aux épées, aux arcs et aux flèches. »

« Malgré tout ce qui est arrivé au monde, l’évasion est ancrée en lui. Il parvient encore à contempler la beauté sauvage qui subsiste, même si elle n’appartient plus qu’aux insectes et aux rares survivants. Il y a un sentiment d’indépendance incroyable dans le fait de voler. Quand il est là-haut, cela devient une pure méditation. Il aime monter le plus haut possible, couper le moteur et planer dans un silence absolu. Le chien assis à côté de lui n’apprécie pas forcément, mais lui a besoin de cette paix. J’adore le silence. Là où j’habite à Beverly Hills, on entend toujours le fond sonore de la ville. Mais quand j’ai l’occasion de venir dans ma maison en Provence, le silence y est d’or, on n’entend que les cigales et les grenouilles. C’est cette quiétude que je voulais retranscrire à l’écran.

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